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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 16:48

 

george lambert chiswick vue de la terrasse de la cascade

George Lambert (Kent ? 1700 ?-Londres, 1765),
figures attribuées à William Hogarth (Londres, 1697-1764),
Vue de la terrasse de la cascade, Chiswick House
, 1742.

Huile sur toile, 81 x 104 cm, Londres, Chiswick House.
(Photo © English Heritage Photo Library/Chiswick House & Gardens Trust)

 

La musique anglaise de la première moitié du XVIIIe siècle a eu bien du mal à émerger de l’ombre projetée sur elle par un ogre nommé Georg Friedrich Händel, et il a fallu la vague de curiosité née du mouvement « baroqueux » pour que réapparaisse une foule de noms jusqu’alors condamnés à l’obscurité mais qui furent pourtant tout aussi, voire parfois plus loués que celui du Caro Sassone. Parmi ceux-ci, l’ensemble bruxellois Les Muffatti a choisi Giuseppe Sammartini, auquel il consacre aujourd’hui une anthologie publiée par Ramée et intitulée Concertos & Overtures.

Dire que Giuseppe Sammartini est un parfait inconnu est inexact, puisqu’une partie de son œuvre a connu les honneurs de l’enregistrement, particulièrement ses sonates pour instruments à vents et ses concertos pour orgue. Il reste néanmoins beaucoup à découvrir sur ce compositeur né en 1695 dans une famille de musiciens d’origine française installée depuis peu à Milan, qui suivit les traces de son père, Alexis Saint-Martin, en choisissant, comme lui, de pratiquer le hautbois. Il acquit une telle maîtrise de cet instrument qu’elle lui valut d’être invité à Venise dès 1715 puis, sans doute, à Londres en 1723 et 1724, avant de faire l’admiration de Johann Joachim Quantz (1697-1773), pourtant fort peu porté à l’indulgence, qui l’entendit lors d’un concert vénitien en 1726 et en demeura durablement ébloui. Les raisons qui poussèrent Giuseppe à quitter son pays natal pour aller s’installer en Angleterre contrairement à son cadet, Giovanni Battista (c.1700/01-1775) qui fit, lui, une brillante carrière de maître de chapelle à Milan, sont obscures. Il est probable que le relatif déclin qui commençait à toucher la musique instrumentale en Italie, les esprits étant alors tout accaparés par l’opéra, y soit pour quelque chose, même s’il n’empêchera pas Giovanni Battista de léguer à la postérité un volume appréciable de symphonies dont l’influence sera importante quant à l’élaboration, via son élève Gluck et les conseils prodigués à Johann Christian Bach (1735-1782) et Mozart, du style classique, et que la concurrence que pouvait représenter un frère bien doué soit également entrée en ligne de compte. philip mercier frederick prince de galles et ses soeursToujours est-il qu’en 1729, après un crochet par la cour de Bruxelles l’année précédente, Giuseppe s’installe définitivement à Londres où il connaît, à l’opéra comme au concert, un grand succès en tant que virtuose du hautbois, doublé d’une reconnaissance de son statut de compositeur, ses recueils finissant, après une période d’adaptation aux exigences du public, par bien se vendre. Entré au service du prince Frederick de Galles en 1736, en qualité de maître de musique de sa femme et de ses filles, mais également de directeur de sa musique de chambre, Giuseppe Sammartini conserve ce poste jusqu’à sa mort survenue subitement en novembre 1750.

Sa musique instrumentale, telle qu’elle apparaît dans cet enregistrement très complet, est un kaléidoscope fascinant qui, au même titre que nombre de pages signées par Charles Avison (1709-1770), Thomas Arne (1710-1778) ou William Boyce (1711-1779), s’enracine profondément dans la jeune tradition inaugurée par Francesco Geminiani (1687-1762), dont les premiers Concerti grossi d’après Corelli sont publiés en 1726, et l’inévitable Händel, dont l’Opus 6 paraît en 1739, tout en regardant déjà au-delà, vers le style combinant fluidité « galante » et clarté déjà classique d’un Johann Christian Bach (installé à Londres en 1762), teinté, ça et là, des élans préromantiques qui commençaient déjà à agiter la musique d’Allemagne du Nord. Bien sûr, il ne faut pas demander à ces œuvres autre chose que ce qu’elles peuvent offrir ; conçues pour l’agrément d’un public choisi, elles font, la plupart du temps, primer la légèreté et la virtuosité sur l’effusion personnelle, quand bien même quelques nuages, particulièrement dans les partitions en mode mineur, viendraient assombrir un horizon généralement assez riant. Il convient cependant de ne pas se laisser abuser par cette apparence de facilité, car un peu d’attention dévoile l’art d’un compositeur parfaitement maître de son métier et suffisamment intelligent pour parvenir à brasser tous les styles musicaux avec lesquels il a pu être en contact grâce aux voyages effectués et aux contacts noués durant sa carrière. Conjuguant le goût du chant de son Italie natale avec la solennité et l’élégance françaises tout en les adaptant au goût du public anglais pour une tempérance laissant leur place au brillant et à la surprise, ses œuvres sont de passionnants témoignages d’une époque où du baroque marcescent étaient en train de naître les prémices du classicisme et du romantisme.

L’ensemble Les Muffatti (photographie ci-dessous), dont les précédentes réalisations consacrées, chez le même éditeur, à Georg Muffat et Johann Christoph Pez avaient été saluées pour leurs hautes qualités, nous offre avec cette anthologie dédiée à Sammartini un nouveau disque de grande classe. Il déconcertera sans doute ceux qui pensent que la musique anglaise du deuxième quart du XVIIIe siècle doit sonner avec la violence et la sécheresse affichées par Café Zimmermann dans son décevant enregistrement consacré aux concertos contemporains d’Avison, mais ravira ceux pour qui la vigueur n’exclut ni la mesure, ni les demi-teintes. Il me semble, en effet, qu’une des réussites incontestables de cette entreprise, qui a malheureusement échappé à l’écoute trop cursive de certains critiques « officiels », est d’entrer parfaitement en résonnance avec les autres expressions artistiques contemporaines, qu’il s’agisse de la peinture (Hogarth, Lambert, Hayman) ou des jardins (Spring Gardens, Chiswick Gardens), en offrant une interprétation où s’équilibrent parfaitement les exigences de solidité et de clarté préclassiques, les frissons préromantiques et les derniers feux du baroque. les muffattiLes musiciens composant Les Muffatti, tous dotés de très solides capacités techniques, font preuve d’une écoute mutuelle, d’une réactivité et d’une souplesse remarquables qui leur permettent de faire vivre la musique de Sammartini avec ce qu’il faut d’allant mais aussi de naturel, sans jamais se sentir obligés de presser le pas ou de solliciter le texte à outrance. Leur lecture fait, de façon tout à fait pertinente, le pari des nuances et du raffinement, avec une texture orchestrale qui conjugue malléabilité, densité et transparence, une esthétique parfaitement relayée par la prise de son d’orfèvre ciselée par Rainer Arndt, dont la splendide ampleur acoustique ne sacrifie rien de la précision dans le rendu des timbres et des lignes. Il faut saluer aussi le dynamisme du concertino mené d’archet de maître par le premier violon Sophie Gent, ainsi que les interventions solistes de Benoît Laurent, dont le hautbois lumineux et fruité fait des merveilles de sensualité, d’humour et de sensibilité dans les deux concertos dédiés à son instrument, sans oublier les deux cornistes Bart Aerbeydt et Michiel van der Linden qui caracolent brillamment dans l’Ouverture en sol majeur sur laquelle se referme le disque. Peter Van Heyghen mène ses troupes avec beaucoup de finesse et de détermination, mettant en valeur avec une indiscutable intelligence, qui en dit long sur la qualité du travail préparatoire effectué sur les partitions et le contexte de leur création, les détails et les trouvailles d’une écriture plus riche et surprenante que ce qu’une approche superficielle pourrait laisser supposer.

Je vous recommande donc cette excellente anthologie consacrée à Giuseppe Sammartini par Les Muffatti qui conjugue à merveille les plaisirs, celui de la découverte d’un répertoire rare – sept inédits sur huit pièces enregistrées – et de la dégustation d’une musique pleine d’esprit et d’élégance. Les amateurs curieux et exigeants ne manqueront pas de continuer à suivre avec la plus grande attention le passionnant et ambitieux travail de redécouverte de pans négligés du répertoire que propose cet ensemble.

 

giuseppe sammartini concertos overtures les muffatti benoitGiuseppe Sammartini (1695-1750), Concertos & Overtures.
Concerti grossi pour cordes & basse continue en la majeur
, op.2 n°1, en la mineur, op.5 n°4, en mi mineur, op.11 n°5. Concertos pour hautbois, cordes & basse continue en ut majeur et en sol mineur, op.8 n°5. Ouvertures pour cordes & basse continue en fa majeur, op.10 n°7, en ré majeur, op.10 n°4, pour deux cors, cordes & basse continue en sol majeur, op.7 n°6.

 

Benoît Laurent, hautbois
Les Muffatti
Peter Van Heyghen, direction

 

1 CD [durée totale : 79’14”] Ramée RAM 1008. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

 

Extraits proposés :

1. Concerto grosso pour cordes & basse continue en la mineur, op.5 n°4 :
Allegro

2. Ouvertures pour deux cors, cordes & basse continue en sol majeur, op.7 n°6 :
Minuetto Allegro – [2do Minuet]

3. Ouverture pour cordes & basse continue en ré majeur, op.10 n°4 :
Andante

4. Concerto pour hautbois, cordes & basse continue en ut majeur :
Allegro assai

 

Illustration complémentaire :

Philip Mercier (Berlin, 1689/91 ?-Londres, 1760), Frederick de Galles et ses sœurs, 1733. Huile sur toile, 45,1 x 57,8 cm, Londres, National Portrait Gallery.

La photographie des Muffatti est de Tomoe Mihara, utilisée avec autorisation.

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Gemmes
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commentaires

Marie-Reine Demollière 06/07/2011 16:02



J’ai pris le temps, en ces premiers jours de vacances, de descendre de la terrasse par la gauche, plus ensoleillée, et de longer le cours d’eau jusqu’au bout de l’allée. Il me semble avoir vu
aussi sur cette même terrasse, quoique sous un ciel plus chargé, une petite fille en robe blanche


jouant avec ce même chien noir, sous l’œil attentionné d’une gouvernante…


Je partage votre prédilection pour les répertoires inouïs que de patients et passionnés interprètes exhument pour notre plus grand plaisir. Même s’il s’agit ici de musique d’agrément ou de
passe-temps : si on aime les plats de résistance consistants, on ne dédaigne pas pour autant le chariot de desserts ! D’autant que celui-ci est somptueusement garni en délices goûteuses et
fruitées. Cet époustouflant Benoît Laurent est à suivre pas à pas (j’aime ses trilles :o)) Je goûte fort aussi les deux cors, même si mon oreille les trouve enregistrés un peu trop en retrait sur
les cordes. Grand merci pour ce fin billet d’été et pour la découverte de cette suave et élégante domestic music.



Jean-Christophe Pucek 07/07/2011 17:25



J'essaie de remettre bout à bout les bribes de mes souvenirs pour composer une image qui me permette de suivre votre promenade, Marie-Reine, que j'imagine un peu plus à l'Est que ce jardin
anglais. Une chose est certaine, vous n'avez pas votre pareil pour créer un véritable univers poétique en quelques mots, il passe vraiment quelque chose d'insaisissable et de sensible dans les
premières lignes de votre commentaire.


Je ne suis pas surpris que vous appréciez, vous aussi, les répertoires un peu délaissés (votre activité en est la preuve la plus éclatante) et que votre goût ne se limite pas aux plats
roboratifs; entre nous, quand on voit le soin qui était apporté, par le passé, à confectionner les amuse-bouche, entremets et autres friandises, on reste assez stupéfait d'un tel déploiement de
science pour de si "petites" choses, qu'il s'agisse d'overtures de Sammartini, de sérénades de Mozart ou de royales et anonymes estampies. Cette attention portée aux plus humbles
productions fait, à mon sens, assez cruellement défaut aujourd'hui.


Sur le reste, je vous rejoins complètement, qu'il s'agisse du talent (hélas fort peu reconnu, du moins pour ce disque, par la critique "officielle") de ces jeunes musiciens et de Benoît Laurent,
dont la réputation commence à grandir dans le milieu de la musique ancienne et qui nous promet assurément quelques belles heures musicales.


Un grand merci pour ce commentaire et pour votre fidélité, qui me touche infiniment.



Henri-Pierre 02/07/2011 15:15



"Rousseau et le pré-romantisme ne vont pas tarder à infléchir le sentiment pour plus de naturel dans... la nature"


Arf, je rétablis...


 



Jean-Christophe Pucek 04/07/2011 07:45



Merci d'avoir rétabli pour les lecteurs qui viendront lire les commentaires. J'avais, pour ma part, saisi ta pensée, puisque c'est un sujet que nous avons déjà eu l'occasion d'aborder en privé




cyrille 02/07/2011 12:33



Quatre extraits qui m' ont, peu avant ce midi, plus qu' emballé. Un apéritif musical plein d' esprit et d' élégance, pour reprendre tes termes, mon ami.


Outre la belle fluidité et agréable symbiose des artistes, c' est un bonheur que cette prise de son ! Un vrai joyaux que Rainer Arndt maîtrise avec une science évidente.


A signaler également, comme tu l' as fais à juste titre, l' excellence des deux cornistes dans cette Ouverture Op.7 n°6. Quant à l' hautboïste Benoît Laurent, dans l' Allegro
assai du Concerto en Ut majeur, un vrai bonheur ! Lumineux, au phrasé clair et sans ostentation, suave ... Celui en Sol mineur doit être de toute beauté ...


Un disque que je mets de côté, assurément.


Un petit mot pour le tableau de George Lambert : tu as été bien inspiré, comme d' habitude . Voilà l' une de ces
terrasses qui éveillent en moi certains songes.


Je t' embrasse. 



Jean-Christophe Pucek 04/07/2011 09:53



Tout, dans ce disque, va dans le même sens, cher Cyrille : finesse, sensualité et agrément, portés jusqu'à nous par des musiciens maîtres de leur art et un preneur de son qui ne trahit jamais
leur vision, ce qui est loin d'être toujours le cas.


Tu trouveras l'intégralité du Concerto pour hautbois en sol mineur sur la page Facebook de Passée des arts, où je l'ai publié le 25 mai dernier. C'est effectivement une très
belle pièce où Benoît Laurent brille, comme à son habitude. Je te remercie d'avoir également souligné les qualités des cornistes, qu'il ne faudrait pas oublier, tant leur virtuosité et leur
musicalité font merveille dans l'Ouverture en sol majeur.


Le tableau de Lambert et Hogarth me semble bien refléter l'ambiguïté de ce milieu du XVIIIe siècle où l'on sent, en Allemagne ou en Angleterre plus qu'en France, qu'il y a quelque chose dans
l'air qui est insensiblement en train de changer, que ce soit dans la peinture ou dans la musique - toi qui es en train de découvrir CPE Bach, je pense que tu peux comprendre ce que je veux dire.
Je suis ravi que la correspondance que j'ai établie entre ces deux domaines t'ait semblée pertinente.


Je t'embrasse.



Ghislaine 02/07/2011 10:42



Que c'est beau et touchant ! Pour la première fois depuis quelque temps c'est une indicible joie que j'éprouve à cette écoute.


Inutile que je me lance dans un long discours technique. Tout est dit, et avec quel talent, par les musiciens au travers de leur interprétation - leur bonheur de donner vie à ces notes éclate et
réjouit l'auditeur ! - et par toi tout au long de tes lignes.


C'est toi qui m'as permis de mieux connaître les Muffati et je ne peux que t'en remercier à nouveau très sincèrement. Reçu le CD aujourd'hui.


Je suis d'autre part heureuse, et tu n'imagines pas à quel point mon JC, de te savoir au concert. Tu en as si bien restitué l'atmosphère dans ton dernier billet et ton émotion est palpable et
communicative. Puisse ce bonheur du concert être souvent renouvelé. Félicitations pour la naissance de cette nouvelle rubrique qui augure bien des joies pour tes lecteurs. Je te trouve très à
l'aise dans un exercice qui n'est pas forcément aisé et c'est un bonheur.


J'ai retrouvé les bords de la Méditerranée et le saut du Grand Nord au Grand Sud n'est pas vraiment facile. je m'apprête toutefois à migrer vers le sud Ardèche, ne supportant plus la Côte d'Azur
et son goût du paraître et de l'argent facile, ceci se faisant bien évidemment au détriment de la culture. Mais de ceci je te parlerai hors ligne, ne souhaitant pas polluer ton espace et
indisposer tes lecteurs par des considérations privées. Ceci me permettra également de faire réponse à Cyrille dont je viens de lire le message à mon attention et dont les mots sensibles m'ont
profondément touchée et émue. Je me permets toutefois d'embrasser très fort Marie au passage.


Je t'embrasse fort mon JC, très fort. Merci pour ce travail de recherche et d'écriture que tu conduis avec une toujours inaltérable passion et qui sert si bien la musique et les musiciens, bien
mieux surtout, à coup sûr, que les plumes dites "officielles".


 


 



Jean-Christophe Pucek 04/07/2011 12:03



Si tu savais, Carissima, la joie qui est la mienne de te retrouver doucement au fil des billets; j'ai mis un peu de temps à répondre, car, pour rebondir sur ce que tu écrivais, j'étais entre deux
concerts, celui dont j'ai publié le compte rendu aujourd'hui et un samedi, au sujet duquel tu liras bientôt, si tout va bien, mes impressions. Je te remercie sincèrement pour ton appréciation sur
ma première chronique de concert, tu me connais assez pour deviner les inquiétudes qui ont été les miennes à son sujet.


Pour ce qui est du disque des Muffatti, si injustement accueilli par un critique de la presse spécialisée, dont je me demande s'il l'a vraiment bien écouté et s'il possède toutes les
connaissances nécessaires pour replacer cette musique dans son contexte et, par là même, pour en parler de façon vraiment pertinente, je suis bien d'accord avec tout ce qui a été dit ici, et que
tu rappelles, à savoir que c'est un vrai bonheur de voir de jeunes musiciens s'emparer de cette musique avec autant d'enthousiasme que de talent.


Je suis heureux de te savoir de retour en France et d'apprendre que tu vas résider dans une région plus conforme à tes souhaits et loin du clinquant dont nous savons tous deux ce que nous en
pensons. J'ai hâte de t'entendre ou de te lire en privé.


Prends grand soin de toi, mes pensées les plus affectueuses t'accompagnent.


Je t'embrasse très fort moi aussi en espérant te retrouver très vite.



Henri-Pierre 02/07/2011 08:41



Merci pour cette double découverte, de Sammartini et des Muffati, j'avoue n'avoir jamais entendu parler ni de l'un ni de l'autre, je suis d'autant plus ravi que j'ai toujours eu une prédilection
marquée pour le hautbois, et, qu'enfin, cette musique presque joyeuse, savante sans être pédante est un agréable viatique pour commencer une journée.
Les illustrations, comme à l'accoutumée judicieuses, évoquent bien, chez Lambert, ce dix-huitième siècle des premières décades et son goût pour la nature pourvu qu'elle se vive aux abords
d'un château et en robes à panier, Rousseau et le pré-romantisme ne vont pas infléchir le sentiment pour plus de naturel dans... la nature.
Quant à la toile de Mercier, elle dit à la perfection le rôle intime d'une musique qui accompagnait le quotidien en famille et en société.


 



Jean-Christophe Pucek 04/07/2011 07:43



Je suis très heureux que cette modeste chronique t'ait permis de découvrir un univers qui n'est finalement pas très éloigné de ceux que tu chéris. Comme tu le soulignes, cette musique, bien que
parfaitement construite, n'a d'autre ambition que celle de séduire l'auditeur et lui faire passer un bon moment; je trouve d'ailleurs que ce disque est assez idéal pour accompagner les belles
soirées d'été que l'on fait durer pour mieux jouir de leur convivialité.


Pour ce qui est du tableau de Lambert et Hogarth, je le trouve assez représentatif du préromantisme qui point dans la peinture anglaise très tôt dans le XVIIIe siècle, plus précocement que sur le
continent et particulièrement dans le genre du paysage; certes, la position même du couple, en surplomb sur la terrasse, marque encore une distance avec une nature par ailleurs savamment
maîtrisée, mais il y a déjà, du moins tel que je le sens, un frisson qui passe dans le jeu de clair-obscur qui structure les volumes et l'atmosphère de ce splendide jardin. Un moment de la
peinture où, à l'instar de la musique, les choses sont en train de basculer.



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