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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 11:17

Bernardo Bellotto (Venise, c.1720/21-Varsovie, 1780),
Vienne, la Lobkowitzplatz
, 1759-1760.
Huile sur toile, Vienne, Kunsthistorisches Museum.


La chaleur qui règne sur Vienne fait peser depuis quelques jours une chape de torpeur qui écrase bêtes et hommes. L'imposant Reutter ahane comme un bûcheron en gravissant les escaliers qui conduisent à la mansarde. Le jeune garçon, mine de chien famélique plus habitué à se nourrir des reliefs qui traînent à l'office qu'à s'engraisser à la table des puissants, le suit sans bruit et la mine grave qu'il affiche pour la circonstance jure avec l'éclat ironique de son regard quand il envisage le postérieur déjà rebondi de ce maître jeune encore, mais doté d'une autorité que nul ne se risquerait à contester, qui peine à se soulever jusqu'à l'ultime palier. Pourquoi lui, ce Reutter si habile qui s'est imposé dans tous les esprits qui comptent comme le seul digne successeur de cette vieille barbe de Fux, a-t-il cédé aux instances de la veuve Waller quand celle-ci, aux premières heures du jour, est venue au chapitre de la cathédrale le supplier d'accéder à une curieuse demande ?

« Ce sera miracle s'il passe la journée, votre Excellence. C'est ce que m'a laissé entendre Todträger, médecin dont vous connaissez sans doute la sûreté de diagnostic.

- Il est très vieux ? » demande Reutter en engloutissant bruyamment un juteux quartier de pêche.

« Sans doute, votre Excellence. Il est très pâle, il tousse sans cesse et s'agite comme s'il manquait d'air. Ca fait bien une semaine qu'il n'a plus quitté son lit, il ne mange quasiment pas mais boit beaucoup.

- Et il vous a demandé de la musique ? s'étonne l'Excellence.

- C'est ce que j'ai compris. Vous savez, il parle peu et ce n'est pas toujours facile de saisir ce qu'il tente de baragouiner dans notre langue. Il n'est pas d'ici, comme je vous l'ai dit. Mais s'il est possible à votre Excellence d'offrir un peu de joie à un pauvre homme qui va mourir si loin de chez lui... »

Reutter semble réfléchir, du moins son regard se perd-il dans une sorte de vague qui pourrait presque laisser croire que cette histoire l'émeut.

« J'aviserai. Que Dieu récompense votre miséricorde. Maintenant veuillez me laisser, j'ai quelques affaires à régler qui ne sauraient souffrir plus de délai », grommelle-t-il en se levant de son confortable fauteuil. C'est tout Reutter, ça. Son appétence pour des biens tout terrestres et son ambition acharnée lui ont fait une carapace si épaisse que lorsque d'aventure l'homme sensible qu'il est aussi se manifeste, c'est toujours sous le masque bougon, hautain, ou colérique suivant les situations, de celui qui a un rang à tenir.


Dans la chambre règne une odeur écœurante encore renforcée par la touffeur, mélange de relents de tisane et de sueur morbide de mauvais augure. L'homme, à qui l'hôtesse a charitablement donné quelques coussins pour surélever sa tête, donne une impression poignante de fragilité, avec sa peau parcheminée et sa respiration sifflante. Todträger a raison, les heures de ce moribond sont sans nul doute comptées. Pourtant, lorsqu'il semble se rendre compte de la présence du jeune garçon, resté prudemment dans l'ombre de son maître, et qu'il s'aperçoit qu'il tient un violon à la main, son regard s'éclaire subitement.

« Maestro, se risque enfin Reutter d'une voix curieusement étranglée et dans un italien chancelant, madame Waller est venue me voir ce matin. Je suis désolé de ne pouvoir mieux répondre à votre demande, mais tous mes garçons sont requis, sauf celui-ci, qui, grâce à Dieu, chante passablement et sait aussi un peu frotter l'archet.

- Me jouerais-tu quelque chose, petit ? » répond le malade dans un allemand aussi approximatif qu'étonnamment chantant, après avoir, de la tête, fait révérence au maitre de chapelle encore suant. Le garçon ne bouge pas.

« Allons, Sepperl, ne sois pas timide, l'encourage Reutter d'un ton ferme, joue pour Monsieur cet air que tu m'as fait entendre tout à l'heure. »

Les premières notes sont un peu hésitantes, mais, très rapidement, naît sous l'archet du garçon, dont le regard ne quitte pas un instant l'homme alité, une mélodie aux accents fortement populaires, qui s'alanguit, s'emballe, puis s'apaise à nouveau pour s'éteindre dans un imperceptible frisson.

« C'est bien, mon enfant, murmure l'homme dans un sourire, maintenant, chanterais-tu ? »

Alors Sepperl chante. Sa voix claire, moins angélique, peut-être, que celle de son plus jeune frère, mais plus experte à rendre les inflexions du texte, emplit l'espace de la mansarde et suspend le temps d'un Ave Regina d'une ineffable douceur, une caresse faite prière. Reutter s'est assis sur l'unique chaise de la pièce que son embonpoint naissant menace de briser ; jamais il n'avait entendu son élève chanter avec autant de ferveur, il lui semble même que c'est la première fois qu'il entend vraiment le son de sa voix. Sur le visage de l'homme sinuent deux sillons humides.

« Monsieur, dit-il en rassemblant ses forces, soyez remercié d'être venu jusqu'ici et du plaisir que vous m'avez donné. Ce garçon a du talent. Il ne sera sans doute jamais un grand violoniste, sa voix se brisera quand il deviendra un homme, mais il sait naturellement comment construire et conduire une mélodie qui touche le cœur. Prenez grand soin de lui et que Dieu vous garde. Faites-le venir à moi, puis, en repartant, demandez à madame Waller d'aller chercher un prêtre. »

Avec une tendresse inhabituelle, la main rugueuse de Reutter guide Sepperl près du lit.

« Mon garçon, je vais mourir et tu m'as sans doute donné ma dernière joie. Continue d'apprendre, cultive les dons qui sont en toi et tu deviendras un grand musicien. Merci et que celle que tu as si bien chantée te protège et te bénisse comme je le fais à cet instant. »


Madame Waller attendait les visiteurs à l'ombre de la cour intérieure.

« Comment est-il, votre Excellence ?

- Il est à la dernière extrémité et demande un prêtre. Ne vous donnez pas la peine de sortir, je vous en envoie un.

Onze heures sonnent à la cathédrale Saint Étienne, toute proche de la Kärntner Strasse au bout de laquelle se trouve la maison de la veuve.

« Votre Excellence, ce garçon est si pâle !

- Il en verra d'autres. Quel est le nom de votre mourant, que je puisse l'indiquer au desservant ? »

- Vivaldi. Antonio Vivaldi. »


Antonio Vivaldi est mort à Vienne et y a été enterré le 28 juillet 1741, après le service funèbre d'une extrême simplicité réservé aux indigents, avec toutefois six porteurs de torches et six petits chanteurs. Même si aucun document ne l'atteste, il est tout à fait possible d'imaginer que parmi ces derniers se trouvait le tout jeune Joseph Haydn, alors âgé de neuf ans, que Georg Reutter (le Jeune, 1708-1772), maître de chapelle de la cathédrale Saint Étienne depuis 1738, anobli en 1740, maître de chapelle impérial officiellement en 1769, mais, dans les faits, dès 1751, avait fait venir à Vienne sans doute en 1740, après avoir remarqué ses talents lors d'une visite chez Mathias Franck (1708-1783), cousin éloigné de Haydn. Ce « cousin Franck » avait accueilli le tout jeune Joseph, alors âgé d'environ cinq ou six ans, à Hainburg où il était directeur d'école, fonction qui, outre l'enseignement des matières académiques, incluait la responsabilité du chœur et des instrumentistes municipaux. C'est très probablement Franck qui a appris à Haydn les rudiments du chant et du violon.

Si les personnages cités dans les lignes ci-dessus, à l'exception du médecin Todträger, ont tous existé (Sepperl est le diminutif autrichien courant de Joseph), l'histoire qui y est contée est, bien entendu, de pure fiction. Joseph Haydn a cependant étudié à Vienne, peut-être dès 1753, auprès d'un compositeur italien, le napolitain Nicola Antonio Porpora (1686-1768), grand spécialiste de musique vocale, qui devait quitter la capitale autrichienne en 1757 pour rejoindre Naples où il mourra dans la misère. Les pièces vocales de Haydn datables de cette époque d'apprentissage qui sont parvenues jusqu'à nous portent indubitablement les traces de la vocalité et des ornements musicaux à l'italienne, passage de témoin entre deux esthétiques, celle du baroque tardif et du classicisme naissant. Ainsi en est-il de cet Ave Regina des années 1750, que je vous ai proposé d'entendre ici dans une version avec chœur d'enfants, œuvre dont l'authenticité a jadis été contestée, les copies qui la préservent ne comportant que le nom « Haydn » sans indication de prénom, mais que les spécialistes s'accordent maintenant à attribuer à Joseph plutôt qu'à son frère Michael.


Joseph Haydn (1732-1809), Ave Regina pour soprano, chœur, cordes et basse continue en la majeur, Hob. XXIIIb.3.


Marie-Claude Vallin, soprano.
L'Archibudelli. Bob van Asperen, orgue.
Tölzer Knabenchor.
Bruno Weil, direction.


Œuvres sacrées. 1 CD Sony « Vivarte » SK 53368. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Saisons Haydn
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14 mars 2009 6 14 /03 /mars /2009 09:41

Thomas HARDY (Derbyshire, 1747-Londres ?, 1804),

Portrait de Joseph Haydn, 1791.

Huile sur toile, Londres, Royal College of Music.


Comme je le rappelais dans le billet écrit à l'occasion de la nouvelle année, le bicentenaire de la mort de Joseph Haydn (1732-1809) risque fort, faute de volonté des institutions culturelles françaises, de ne pas recueillir, dans notre pays, tout l'écho qu'il mérite. C'est pour ceci que, fidèle à la ligne de ce blog, j'ai décidé de consacrer à ce compositeur essentiel quelques billets à paraître tout au long de l'année dans une rubrique créée tout spécialement à cet effet, Saisons Haydn. J'espère que cette initiative, certes modeste, contribuera à donner l'envie à celles et ceux qui me font l'honneur de visiter ces pages d'en connaître plus sur cette grande figure de la musique occidentale.

Pour débuter cette entreprise en écartant toute velléité d'univocité, j'ai demandé à quelques auteurs de blogs traitant ou non de musique de rédiger quelques lignes pour nous parler de leur Haydn, du rapport qu'ils entretiennent avec sa musique, de leur cheminement aux côtés de ce compositeur. Je remercie très sincèrement, par ordre alphabétique, Ariana, Cyrille, Ghislaine, Grégory, Henri-Pierre et Philippe de s'être, en toute amitié et avec talent, prêtés à cet exercice, et invite toutes celles et tous ceux qui viendront lire ces lignes à aller visiter le domaine de chacun d'entre eux, accessible soit dans ce billet (en cliquant sur le nom de leur blog), soit dans mes liens.

Bonnes découvertes à toutes et à tous.


Ariana, auteur du blog Le geste et la voix.



Qu'est-ce qu'Haydn ? Comptant à la postérité au nombre d'une trinité de légende composée par lui, Mozart et Beethoven, il en est sans nul doute le plus méconnu/moins reconnu des trois et le moins identitaire à la postérité. Sort juste ou injuste n'étant peut-être pas la bonne question.

Cela car Haydn c'est avant tout, non pas la synthèse, mais le lien inéluctable et nécessaire d'Haendel à Beethoven. Presque le cheval de bataille de la métamorphose musicale du premier à cet énième second. Non, je ne récite aucun livre ; j'écris ce que l'on y trouve ni plus mais surtout ni moins.

Des Trois toujours cités ensemble, il me semble Cheval de Troie, parce qu'à nos oreilles contemporaines, il y a toujours trouble et intérêt croissant de se trouver convoqué à la « surprise » non uniquement londonienne ou parisienne, par cet esprit si vif, palpitant, capable de maintes formes, ouvert, malléable et modelant. Troublant d'en perdre le fil à ne savoir si l'on doit compter ici, pourtant dans la même pièce, sur Haendel (Die Schöpfung), Mozart ou bien si l'on ne s'achemine pas, déjà, jusqu'à la porte d'un Beethoven lui-même entre deux.

De l'esprit galant, par le Sturm und Drang, jusqu'à l'aube du préromantisme, fécondité, fertilité et contre toute-attente liberté surtout caractérisent les compositions de Joseph Haydn! Sérénité aussi et maîtrise d'une avancée de carrière dont la première partie sous l'égide des Princes Esterhazy et la seconde ainsi richement préfécondée, plus « libre » et personnelle, si tant est qu'à cette époque l'on pouvait se le permettre.

Puis décidément, occultant tout ceci, je trouve que l'on relègue trop aisément Haydn à une histoire de numéros, toujours ces Trois !, et de similitudes dont on aime bien le confort! L'on se regorge d'avoir découvert que c'était de 106 et non 104 symphonies qu'il était le créateur, sans pour autant s'être attaché à trouver dans une ou aucune ce qui lui confère son identité propre, la démarque et la signe, bref à une véritable écoute. N'eut-il pas mieux valu n'en connaître que 40 mais les connaître réellement ? Pas de réponse évidemment.


Variation II : Haydn ou le fourre-tout : compositeur de la symphonie disent les mélomanes, celui des quatuors, sonates et concertos disent les pianistes, celui des oratorios pour les amoureux de Haendel.

Et ses opéras alors qui ne sont ni ceux de Mozart, ni ceux de Gluck ou Paisiello ?

Ses opéras, quasiment inexplorés en France, peu et assez mal desservis au disque, très réussis en matière de comiques, plus ombragés par ses concurrents, les deux autres des trois, et à juste titre en matière de serie, qui sont les dernières préoccupations de sa carrière, restent largement inexplorés, car il est vrai, survenus aux temps d'une autre trilogie Da Ponte et après ceux de Gluck. L'opéra présente pourtant toujours l'avantage d'ouvrir au déploiement de la synthèse musicale d'un compositeur dans une seule et même œuvre, faisant appel à toutes ses capacités de mise en expression.

Découvrir Haydn « tel qu'en lui-même », c'est peut-être aussi accepter de délaisser Die Schöpfung et Die Jahreseitzen le temps de la découverte au-delà d'intéressantes Cantates pour les Esterhazy, dans l'esprit de la commedia dell'arte, d'une Isolata Disabitata, d'un Speziale, comportant quelques turqueries délicieuses sous les traits d'un Volpino bien agile au masque, ou bien d'une Incontro Improvviso, et autres œuvres légères, équilibrées et malicieuses à l'image de l'esprit de leur créateur, dont les livrets sont aussi pétillants qu'inventifs pour leur époque, certains inspirés de Goldoni aussi. La vocalité est traitée avec intelligence et efficacité sans excès ici ou là mais avec une certaine justesse de ton permettant toujours ce qui caractérise Joseph selon moi ; la capacité à surprendre dans le plus évident du ton juste, le tout appuyé sur une illustration orchestrale toujours dans la malice et la surprise, cette surprise qui ne s'inscrit jamais contre mais émane de la chose elle-même lui conférant son identité propre.


Haydn compositeur de toutes les formes, s'essayant à tous les genres, semble toujours arriver après, là même où il était là d'abord, pendant et ensuite. Ne serait-ce pas là lui reconnaître qu'il est intemporel ?


Le choix musical d'Ariana :

Il Mondo della Luna (1777), dramma giocoso en trois actes, Hob. XXVIII.7,

Aria « Ragion nell'alma siede » (Flaminia)


Patricia Petibon, soprano.

Concerto Köln.

Daniel Harding, direction.


Amoureuses (airs de Gluck, Haydn et Mozart). 1 CD Deutsche Grammophon 00289 477 7468.


Cyrille, auteur du blog D'ébène et d'ivoire.


Je suis « né » à la « grande musique », comme on se plaisait à la nommer à une certaine époque, à l'âge de onze ans en cours de musique avec le fameux (et pour moi viscéral) Allegro con brio de la 5ème Symphonie en ut mineur de Ludwig van Beethoven. Je ne répèterai ici ni dans quelles circonstances exactes, ni les sensations que j'ai ressenties. Cependant, c'est durant cette même année bénie que j'ai découvert Papa Haydn, toujours lors d'un cours dispensé par un grand professeur qui avait l'art et la passion vraie de transmettre ce qu'il y a de plus beau, sans doute, en ce monde : la Musique.

La première fois qu' Haydn est venu me rendre visite, ce fut par ses symphonies La Surprise et L'Horloge. Et là, ce fut une véritable révélation. Depuis, il n'est point un jour de la semaine où je ne me laisse sciemment guider pour un voyage magique par un de ses quatuors, une de ses symphonies, un de ses concertos. J'aime sa simplicité, sa spiritualité, son classicisme juvénile généreux où s'offrent toujours maintes trouvailles et surprises. Rien n'y est futile, fortuit, déplacé. Tout y coule sereinement, sans emphase. Tout y est pensé avec intelligence et générosité, pur, évident.


Le choix musical de Cyrille :

Symphonie en ut majeur, Hob. I.82, dite « L'Ours » :

I. Vivace assai.


Tafelmusik.

Bruno Weil, direction.


Symphonies parisiennes, volume 1. 1 CD Sony « Vivarte » SK 66296.


Ghislaine, auteur du blog Vermischter Stil.


Premier août 1798, victoire de l'Amiral Lord Nelson sur les troupes napoléoniennes à Alexandrie. Franz Joseph Haydn est alors requis par la composition d'une messe en l'honneur de la Princesse Esterhazy, dont la première est prévue pour le quinze septembre. C'est lors de l'exécution de cette première qu'il fut décidé de nommer cette messe, initialement désignée par Haydn Missa in angustiis (« Messe pour des temps difficiles »), Messe Nelson, suite logique du séjour londonien de Haydn. Elle est la troisième des six messes composées pour répondre aux obligations de sa charge de Maître de Chapelle du Prince Esterhazy.


Il apparaît nécessaire, pour comprendre cette composition, d'avoir en mémoire les symphonies composées par Haydn à Londres dans le milieu des années 1790. Cette messe, d'une durée d'une quarantaine de minutes, l'un des chefs-d'œuvre du compositeur, à la fois grandiose et jubilatoire, est probablement la plus élaborée de celles de Haydn. Instrumentation étrange : trois trompettes, des timbales, un orgue solo (réminiscence de la Missa Brevis en do majeur dite du « solo d'orgue » KV 259 de Mozart ?), cordes, ainsi que les parties vocales soli et tutti habituelles, ton peu commun de ré mineur. La structure externe de l'œuvre ne prépare pas l'auditeur à la férocité de l'ouverture avec ses motifs insistants pour trompettes et tambours. Le Kyrie, classique des messes du dix-huitième siècle [ici, Kyrie, Allegro moderato, ré mineur ; Christe, fa majeur ; Kyrie, ré mineur] est, dès les premières mesures, abrupt, soudain, voire brutal, avec des chœurs dominants, souvent forte, énergiques, comparée à l'intervention des solistes, assez modérée. Œuvre liturgique confinant à la structure symphonique, la Messe Nelson relève, à mon sens, à la fois de l'angoisse et de l'allégresse. De l'opposition brutale des différentes parties naît l'étrange sentiment d'une composition parfois martiale, toute de contraste entre douceur, tendresse et violence et c'est cette opposition que mon oreille perçoit en premier lieu. Ecouter un Kyrie d'une telle intensité, c'est recevoir un coup brutal. C'est balancer, tout le temps que dure l'écoute de la composition dans son intégralité, de la sérénité à l'angoisse, de la violence à la paix, de l'abattement à l'espoir. Crainte est le mot qui m'apparaît le plus approprié pour exprimer l'impression d'ensemble se dégageant de l'œuvre.

Haydn a donné à cette messe une véritable puissance symphonique. On ne peut qu'être frappé par l'intensité et la vigueur du souffle dramatique de l'œuvre, par son énergie jubilatoire, par ses nombreux passages opératiques, et par la tendresse quasi romantique de son Agnus Dei. Une transition, un glissement vers la musique du dix-neuvième siècle ?


Le choix musical de Ghislaine :

Messe en ré mineur, dite « Messe Nelson », Hob. XXII.11 :

Kyrie.


Susan Gritton, soprano. Pamela Helen Stephen, mezzo-soprano. Mark Padmore, ténor. Stephen Varcoe, baryton.

Collegium Musicum 90.

Richard Hickox, direction.


Messe « Nelson », Ave Regina, Messe en fa majeur. 1 CD Chandos CHAN 0640.


Grégory, auteur du blog L'Estro armonico.

Lorsqu'on évoque Haydn, c'est immédiatement une image de l'âge d'or de Vienne, une autre d'un homme en perruque (oui, je suis désolé de le réduire à cela, d'autant qu'alors tout le monde en portait, des perruques) au visage grave, au regard songeur, et quelques mesures incisives qui me viennent à l'esprit. Que de stéréotypes ! Et pourtant, c'est l'image qu'en a une bonne partie des gens lorsqu'ils ne le connaissent pas vraiment et qu'ils se prennent, quelques secondes plus tard, à se demander s'il ne l'ont pas confondu avec Haendel (dont la proximité phonétique, soyons cléments, peut prêter au malentendu). Une dernière image me vient encore à l'esprit, même si elle tient davantage de l'anecdote romantique : le jeune Haydn, âgé de neuf ans et enfant de chœur à la cathédrale Saint Étienne de Vienne, qui enterre, sans le savoir, un brillant musicien et compositeur réduit à la misère, Antonio Vivaldi. L'anecdote est plus symbolique qu'attestée, mais lorsqu'on en approche un peu l'œuvre, les Symphonies « Le Matin », « Le Midi », « Le Soir » ou Les Saisons de Haydn ne sont pas sans évoquer un œdipe que l'on passe sous silence, en la personne du prêtre roux. Voici donc « mon » Haydn, un homme connu au travers de stéréotypes et dont le surnom de « Papa » ne peut que traduire, au-delà de la simple filiation artistique, une réelle tendresse de la part de son plus célèbre élève, Beethoven, pour ses qualités humaines notamment. Ce Haydn, dont l'énergie et la joie de vivre transparaît dans ses symphonies, ses quatuors et trios avec piano qu'il révolutionne, demeure mal connu, à mon sens.

C'est d'ailleurs assez étonnamment que j'ai découvert ce compositeur. Je savais, bien sûr (comme « il faut savoir »), qu'il avait réellement inventé un langage totalement neuf dans la musique instrumentale. Et le reste ? Pourquoi ne retenir d'un compositeur que son originalité ? Pourquoi ne pas reconnaître qu'il excellait aussi dans des domaines où il était un peu moins « avant-gardiste » ? Quel choc ce fut lorsque j'ai eu le bonheur d'entendre furtivement, par le plus grand des hasards, une aria du Ritorno di Tobia, « Anna, m'ascolta ! » ! L'œuvre est bien religieuse - puisqu'il s'agit d'un oratorio - mais elle est très largement pénétrée d'opera seria. Classique ou encore baroque ? Les arias da capo alternent avec les récitatifs de manière systématique, un chœur introduit et conclut chaque partie, une surcharge ornementale fait pétiller l'œuvre de la première à la dernière note, l'influence de Gluck est manifeste aussi dans les récitatifs accompagnés qui deviennent le siège effectif du drame et plus un simple développement des événements. Là où il s'en écarte, c'est dans la longueur de ses arias. Alors que Gluck en privilégie plutôt la concision du propos, Haydn le développe et lui confère des dimensions conséquentes. La voix y est, comme souvent, un instrument parmi d'autres et le compositeur impose son langage musical personnel qu'il a pris soin de développer dans ses symphonies : langage clair et épuré, accentuation des passions, soif d'ampleur, d'espace, de liberté et second degré aussi (un aspect souvent oublié). Fureur de vivre, avec ses joies et ses peines, tout simplement, voici qui pourrait résumer la musique de Haydn.


Le choix musical de Grégory :

Il ritorno di Tobia (1775/1784), oratorio en deux parties, Hob. XXI.1 :

Aria « Anna m'ascolta ! » (Raffaelle).


Roberta Invernizzi, soprano.

Capella Augustina.

Andreas Spering, direction.


Il ritorno di Tobia. 3 CD Naxos, 8.570300-02.


Henri-Pierre, auteur du blog Le blog de HP.


La première impression produite par un musicien ne s'efface jamais de l'esprit, surtout si elle est aussi paradoxale que celle que fut pour moi la découverte de Haydn ; en effet, de prime abord le grand Joseph m'a dé-concerté.

Je devais avoir douze ou treize ans et, déjà, pour moi l'Histoire était chose vivante, Versailles et l'Ancien Régime n'avaient déjà pas beaucoup de secrets pour moi, surtout ma période favorite celle du dernier roi et de l'émouvante figure de Marie-Antoinette. Mais « mon » Versailles n'était pas encore celui des délicatesses paysannes d'une Reine éprise de nature mais bien celle des dorures, des fastes, des grands habits à l'Étiquette et tout le rituel mourant d'une Cour encore sacralisée. Marie-Antoinette aimait Haydn et Gluck, j'aimais donc Haydn et Gluck, mais aussi Grétry et Balbastre et certain chevalier Saint-Georges. La période classique viennoise de Haydn m'enchantait ainsi que la période "parisienne" et sa Symphonie « La Reine ». Cependant, ô horreur, de découverte en investigation je découvris « La Poule » : sa fantaisie primesautière et caquetante me parut franchement d'inspiration commune, ordinaire ; ce n'est que quelques années plus tard que les évocations de Trianon et des « fermières » en mousseline me réconcilièrent avec cette charmante symphonie.

Que dire encore de Haydn pour le piètre musicien que je suis ? Que je révère l'homme qui, dans un monde de jalousies entre musiciens célèbres, honorait la mémoire de CPE Bach et dont l'amitié vis à vis de Mozart touchait à la dévotion ? Le palais Esterhazy dont je ne manque jamais de visiter les progrès des restaurations faites par les Hongrois fut le séjour privilégié de notre musicien, l'esprit et la lumière qui émanent de ce lieu lui doivent certainement beaucoup. Peu à peu j'étais ébloui par l'immense diversité de ce talent qui, du classicisme au Sturm und Drang, fut pratiquement le père du quatuor à cordes, ouvrant ainsi la voie à ces œuvres de Beethoven et de Schubert auxquelles je suis si attaché.

Mais puisque ce cher Jean-Christophe me demande de choisir une œuvre, et bien à mon tour de vous dé-concerter par un choix ni Versaillais, ni préromantique mais uniquement lié à une phase de ma vie. Casablanca, il y a bien longtemps, j'étais jeune coopérant et je partageais un appartement avec mon ami de toujours Lewis. Lewis a toujours adoré, et pratiqué, la musique ; je dois dire que parfois les filles de Jephté et autres cantates Ino me semblaient un peu trop intrusives et indiscrètes. J'arrivai rarement à glisser entre deux envolées lyriques un vinyle des Stones ou des Pink Floyd. Je m'en plaignis et la vengeance fut cruelle : à l'heure méridienne dès lors que mon esprit commençait à s'embrumer et rejoindre le monde des vapeurs immatérielles, Lewis passait en sourdine la deuxième des douze Symphonies londoniennes de Haydn, dont le début du premier mouvement, cet adagio si doux, accompagnait avec délices la dérive de ma conscience et, tout à coup, bang !, l'accord fortissimo de tout un orchestre ponctué d'un terrifiant coup de timbale m'envoyait en lévitation et ma sieste était définitivement compromise. Pour une Surprise c'en était une, tenez, écoutez-la, Jean-Christophe ne vous la refusera pas...


Le choix musical d'Henri-Pierre :

Symphonie en sol majeur, Hob. I.94, dite « La Surprise » :

II. Andante.


Orchestra of the 18th Century.

Frans Brüggen, direction.


Symphonies Londoniennes, 4 CD Philips Classics 442 788-2 (indisponible).


Philippe, auteur du blog Le poisson rêveur.

Avec la série des six quatuors de l'opus 76, je trouve que Joseph Haydn initie, près d'un siècle à l'avance, toutes les bases de la musique de chambre moderne. La filiation partira tout naturellement de Mozart dont les quatuors, aussi brillants soient-ils, ne peuvent cacher le fait que le génie salzbourgeois évolue sur un des rares domaines de composition où il n'invente pas vraiment, l'emprise du maître viennois étant trop forte. Elle continue avec Beethoven et Schubert bien sûr, mais va bien au-delà. A écouter les quatuors des plus grands compositeurs de musique de chambre du XIXe siècle comme Brahms, ou Dvorak, pourtant nourris à la musique romantique, on ne peut s'empêcher de penser encore à ... Haydn, toujours Haydn, dont on mentionne trop souvent - et à tort - le caractère un peu rugueux, strict et répétitif de sa musique, et dont on ignore trop vite l'inventivité et, ne l'oublions pas, une bonne dose de second degré. Je trouve que c'est dans sa musique de chambre, plus spécifiquement la série des quatuors de l'opus 76, pour revenir à ces derniers, que son génie se révèle le plus. Il semblerait que Haydn soit d'ailleurs le véritable créateur de cette forme, mettant en place de façon exemplaire un dialogue parfaitement construit entre les différents instruments.


Du premier au sixième quatuor, Haydn révèle une musique d'une limpidité et d'une évidence inouïes. L'architecture de ces pièces révèle une maîtrise exceptionnelle de la composition pour quatuor à cordes. Qu'il s'agisse par exemple des ténébreux adagios du 1er quatuor en sol majeur ou du 4ème quatuor en si bémol majeur qui annoncent incroyablement le 13ème de Schubert, du final, Vivace assai, du fameux Quatuor en ré mineur « Les Quintes » évoquant, avec ses racines presque « tziganes », une filiation frappante avec Dvorak, je trouve que la maturité et le caractère visionnaire de ces quatuors sont fascinants. 

L'autre caractéristique de ces quatuors réside dans leur plénitude et leur ampleur sonores qui leur confèrent parfois un caractère presque symphonique. C'est très marquant dans le célèbre 3ème quatuor « L'Empereur » et ce de bout en bout. Haydn va même jusqu'à, par certains points, annoncer la grandeur des symphonies brucknériennes, par exemple, dans le 4ème quatuor appelé « Lever de soleil » en référence au lent développement du thème principal des violons à l'ouverture du premier mouvement (Allegro con spirito). Ce 4ème quatuor est indéniablement l'un des plus achevés de la série.

Je trouve vraiment que ces six quatuors sont admirablement initiateurs des grandes phrases du romantisme allemand, tout en gardant un grand classicisme formel. La rigueur de leur composition allie à la fois une grande limpidité, une transparence cristalline avec un très fort pouvoir narratif.

La version que j'ai beaucoup écoutée est celle du Quatuor Takács (DECCA). Elle est vive, avec beaucoup de musicalité mais pêche parfois par une trop grande légèreté, un tempo trop rapide et expéditif. J'ai ensuite découvert l'admirable version du jeune Quatuor Jerusalem (Harmonia Mundi) qui apporte l'équilibre, l'ampleur et la finesse que l'on attend sur le 2ème quatuor « Les Quintes ». Dommage qu'ils ne se soient pas lancés, à ma connaissance, dans une intégrale des opus 76.


Le choix musical de Philippe :

J'ai choisi de vous faire entendre le premier mouvement, Allegro con spirito, du 4ème Quatuor en si bémol majeur opus 76 (Hob. III.78) par le Quatuor Modigliani, belle version, élégante et racée (malgré la réverbération du son d'église...).


Jean-Christophe, auteur du blog Passée des arts.


J'ai rencontré Haydn en 1992, à l'occasion de la sortie de l'enregistrement des Saisons dirigé par John Eliot Gardiner. Je me souviens encore de la surprise du disquaire qui m'en avait conseillé l'achat lorsque je lui ai avoué que je n'avais jamais, jusqu'alors, entendu la moindre œuvre du maître d'Esterhaza. Depuis ce jour, malgré quelques éclipses, je ne l'ai pas beaucoup quitté, et la découverte progressive de sa production m'a conforté dans la conviction de me trouver face à un homme dont la prodigieuse intelligence va de pair avec une sensibilité exacerbée que son peu de goût pour la confidence ne nous permet sans doute pas d'appréhender pleinement. En voici un exemple.

Fin 1805, alors qu'il a définitivement cessé de composer depuis presque trois ans, laissant inachevé son ultime quatuor, le manuscrit de sa Messe brève en fa majeur, une œuvre de jeunesse sans doute composée en 1749 alors que Haydn appartenait encore à la maîtrise de la cathédrale Saint Étienne de Vienne, refait surface. Tentons d'imaginer un instant l'émotion du compositeur le plus fêté d'Europe retrouvant, au soir de sa vie, alors que la maladie l'empêche de créer, une partition qu'il croyait perdue et dont les parties vocales solistes furent peut-être écrites à l'intention de son frère Michael (qui mourra en 1806) et de lui-même. Si ce qu'il en a dit, « me plaisent particulièrement, dans cette œuvrette, la facture mélodique et une certaine fougue juvénile », peut sembler un peu neutre, le fait qu'il n'ait pas corrigé les fautes d'écriture qui existent dans cette composition, comme s'il souhaitait garder intacte la fraîcheur d'inspiration de sa jeunesse, n'est-il pas révélateur du poids affectif que revêtaient à ses yeux des pages que bien d'autres, à sa place, se seraient empressés d'amender ou de faire disparaître ?

Cette anecdote constitue, à mes yeux une preuve (parmi bien d'autres) que c'est dans un sillon aussi étroit qu'incertain entre le discours officiel et les rapports que le compositeur entretenait avec sa musique - sa diffusion, sa préservation, ses différents états - qu'il nous faudra tenter, dans les mois à venir, d'entrevoir un peu du véritable visage de Haydn.


Le choix musical de Jean-Christophe :

Messe brève en fa majeur, Hob. XXII.1 :

Benedictus et Agnus Dei.


Susan Gritton, soprano. Pamela Helen Stephen, mezzo-soprano.

Collegium Musicum 90.

Richard Hickox, direction.


Messe « Nelson », Ave Regina, Messe en fa majeur. 1 CD Chandos CHAN 0640.


[Première publication : 24 janvier 2009]

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Saisons Haydn
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11 mars 2009 3 11 /03 /mars /2009 10:02

Les décisions que nous prenons tiennent souvent à un fil extrêmement ténu. J'étais loin d'imaginer qu'une banale panne technique de mon hébergeur me ferait réfléchir à déménager une partie de mon blog sous d'autres cieux et encore moins que les annonces consécutives à cet incident me pousseraient à aller jusqu'au bout de cette logique. Et pourtant, me voici en train de refaire mes premiers pas, comme lors de la création de Jardinbaroque en juillet 2006, avec la même envie et les mêmes doutes. Serez-vous au rendez-vous que je vous propose ?


Si le lieu et son nom ont changé, les principes qui président à ce que j'écrirai, eux, restent les mêmes. Deux mots, cependant, sur le nom, qui semblera peut-être étrange à certains d'entre vous, choisi pour cet espace. Je souhaitais mettre au centre de ce blog l'idée de passage, puisque tout ce qui est mis en ligne sur Internet est, par nature et dans tous les sens de ce mot, passager. Après bien des hésitations, j'ai retenu le mot un peu vieilli de passée qui évoque, entre autres, la trace laissée par les animaux ou le trajet des oiseaux migrateurs ; à la fois, donc, le passage et l'empreinte qu'il laisse. Et c'est bien ici tout le propos qui sera le mien, observer les vestiges déposés par les différentes expressions artistiques du passé, principalement la musique et la peinture, pour tenter de saisir en quoi elles faisaient sens hier et s'adressent encore à nous aujourd'hui. Finalement, rien de bien différent du dessein de Jardinbaroque, tout entier animé par la volonté de celui qui écrit d'être, dans la mesure de ses capacités, un passeur.

Comme tout endroit que l'on modèle progressivement, celui-ci va mettre quelque temps à acquérir son visage définitif. Je sais pouvoir compter sur votre indulgence vis-à-vis de toutes les imperfections techniques que vous pourrez y constater. Les projets ébauchés début 2009, notamment ceux autour de Joseph Haydn, même s'ils vont connaître eux aussi, le temps de poser les bagages, un peu de ralentissement, devraient reprendre rapidement leur cours normal. Je compte également sur vous, chers lecteurs, pour me faire part d'éventuelles suggestions de billets traitant d'œuvres ou de compositeurs qui vous sont chers. C'est ça aussi, le plaisir de l'échange.


À toutes et à tous, fidèles compagnons comme nouveaux convives, je souhaite la bienvenue à cette table toute neuve et encore un peu spartiate que je vais m'employer à tenir ouverte aussi régulièrement que possible pour qu'elle puisse être agréable et favoriser la discussion et le partage. N'oubliez pas que vous êtes ici chez vous et que c'est pour moi tout à la fois un honneur et un bonheur de vous accueillir.


Joseph HAYDN (1732-1809), Trio pour clavier, violon et violoncelle en fa dièse mineur, Hob. XV.26 :

Adagio cantabile (en fa dièse majeur).


Jérôme Hantaï, pianoforte. Philippe Couvert, violon. Alix Verzier, violoncelle.

 

Trios nos 36, 37, 40. 1 CD Astrée/Naïve E 8811.

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Entre nous
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