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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 16:13

 

 

Bach, sources, affluents, estuaires – 4

 

La chronique précédente est disponible ici.

 


johann christoph dietzsch paysage fluvial avec village egli

Johann Christoph Dietzsch (Nuremberg, 1710-Winterberg, 1769),
Paysage fluvial avec village, église et pêcheurs
, sans date

Aquarelle sur papier, 19,2 x 24,5 cm, Schwerin, Staatliches Museum
(cliché © BPK Berlin/Elke Walford)

 

Lorsque Philippe Herreweghe a créé son propre label, Phi, il a clairement dit qu’une part de son activité serait consacrée à la poursuite de son exploration de l’œuvre de Bach, compositeur avec lequel les mélomanes de ma génération l’associent de façon presque automatique tant il a contribué, d’abord concomitamment avec les travaux des pionniers Harnoncourt et Leonhardt puis en les prolongeant, à faire connaître et aimer sa musique à un large public. Après avoir réenregistré les Motets et la Messe en si mineur, il nous offre aujourd’hui un premier disque de quatre cantates dont deux qu’il grave pour la première fois.

 

Leipzig, été 1723. Bach, arrivé de Köthen au début de l’après-midi du 22 mai de la même année, a été intronisé depuis quelques semaines dans ses fonctions de Cantor, le 1er juin, après avoir donné, deux jours plus tôt, sa première cantate en l’église Saint-Nicolas de la ville, la vaste Die Elenden sollen essen (Les pauvres mangeront) BWV 75. Bien que sa nomination ne se fût effectuée, faut-il le rappeler, que par défaut, puisque les autorités de la ville auraient souhaité que son poste échût à Telemann ou à Graupner et s’étaient même tournés vers des musiciens de moindre renommée avant de finalement se décider pour lui, sa production de cantates, un genre avec lequel son nouvel emploi lui permettait de renouer, atteste que Bach se mit au travail avec beaucoup d’entrain, déployant une liberté formelle et une variété d’inspiration qu’il ne retrouvera peut-être jamais à ce point par la suite. Durant ses années de service à la cour de Köthen dont la foi calviniste du prince, Léopold, réduisait la musique sacrée à sa plus simple expression, le Cantor eut tout le loisir de se consacrer à sa production instrumentale et l’habileté confondante dans la connaissance et la mise en valeur des timbres qu’il acquit alors resplendit également sur ses premières cantates leipzicoises. Elle constitue sans nul doute un des traits les plus saillants et les plus séduisants des quatre œuvres retenues pour ce disque, exécutées de façon très rapprochée, entre les derniers jours de juillet et les premiers de septembre 1723.

Créée le 25 juillet, la cantate Herr, gehe nicht ins Gericht mit deinem Knecht (Seigneur, n’entre pas en jugement avec ton serviteur) BWV 105 dit la vanité de la justice humaine et l’implacabilité de celle de Dieu, mais aussi le réconfort que connaît celui « qui fait de Jésus [son] ami », comme le déclare le ténor dans l’aria « Kann ich nur Jesum mir zum Freunde machen », quand « tremblent et chancellent les pensées des pécheurs », ainsi que le chante la soprano dans « Wie zittern und wanken der Sünder Gedanken ». Ces deux airs avec instruments obligés, un mystérieux corno – ici très judicieusement confié à un corno da tirarsi – dans l’un, hautbois dans l’autre, offrent un bel exemple des capacités de Bach à manier les timbres instrumentaux pour illustrer les affects, solidité dans l’un, fragilité dans l’autre. Cette alchimie se retrouve dès le chœur initial de Schauet doch und sehet, ob irgendein Schmerz sei  (Regardez et voyez s’il est une douleur pareille à la mienne, 1er août 1723) BWV 46, réflexion sur la destruction de Jérusalem dont le texte est en partie issu des Lamentations de Jérémie, dont l’amertume est soulignée par l’emploi des flûtes à bec souvent synonymes d’affliction et de deuil dans les œuvres du Cantor. Comme dans la cantate BWV 105, les deux arias pour solistes s’opposent, la trompette du Jugement qui condamne « l’accablement sous le poids des péchés » (überhäufte Sünden, air pour basse « Dein Wetter zog sich auf von weiten » — Ton orage s’est annoncé de loin) faisant pièce à la douceur agreste des flûtes dans l’air pour alto « Doch Jesus will auch bei der Strafe » (Mais Jésus veut aussi, dans le châtiment) dépeignant le Christ comme le bon Pasteur qui rassemble son troupeau et protège les justes de la colère divine.

philippe herreweghe michiel hendryckxLe chœur initial d’Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe (Il n’est rien de sain dans mon corps, 29 août 1723) BWV 25, cantate utilisant l’épisode des dix lépreux pour décrire le monde entier comme un hôpital en proie au Sündenaussatz, la lèpre du péché, que seul le Christ peut guérir, est un véritable tour de force, puisque Bach y fait entendre quatre ensembles différents – chœur/instruments à vents (cornet, flûtes et trombones)/cordes et deux hautbois/basse continue – porteur chacun d’un élément musical distinct (texte du psaume, mélodie de choral…) formant un ensemble fourmillant de détails unifié par une science de la polyphonie impressionnante au service de l’expression souvent poignante de la douleur, tant physique que morale. Une semaine plus tard, le 5 septembre 1723, Bach donnait à entendre Warum betrübst du dich, mein Herz ? (Pourquoi t’affliges-tu, mon cœur ?) BWV 138, qui exhorte le croyant à endurer patiemment les vicissitudes de ce monde face auxquelles il peut compter sur le soutien de Dieu. Cette œuvre porte le témoignage des recherches formelles qui occupaient sans cesse le Cantor, qui utilise ici trois strophes du même cantique entre lesquelles il intercale des commentaires libres traités en récitatifs (accompagnés ou non), un peu à la manière d’un texte tropé médiéval. Le ton plaintif de la cantate bascule vers une atmosphère de confiance retrouvée lorsqu’elle retrouve une structure plus « traditionnelle » (récitatif du ténor, air de la basse, récitatif de l’alto, choral final).

Lorsque l’on pose sur sa platine un disque Bach de Philippe Herreweghe (photographie ci-dessus), on sait à peu près à quoi s’attendre tant il a su donner aux ensembles qu’il dirige une identité immédiatement reconnaissable ; ce volume de cantates ne fait pas exception à la règle et on y retrouve ce fondu et cette douceur caractéristiques du Collegium Vocale Gent. Une réalisation soignée mais sans surprises, donc ? Justement non, et il est extrêmement instructif de comparer les deux œuvres déjà gravées par le chef (BWV 105, Virgin, 1990 et BWV 138, Harmonia Mundi, 1998) pour mesurer le chemin parcouru, notamment en termes de netteté du trait, de fluidité du geste et de clarté des textures, bien supérieures dans la nouvelle venue. On sourit même un peu malicieusement lorsque l’on sait que Philippe Herreweghe ne trouve pas pertinentes les approches de cette musique à un chanteur par partie alors que c’est justement cette manière très légère de faire sonner le chœur (à 12, ici) qui prévaut ici et fait paraître les anciennes versions singulièrement plus lourdes. Chœur et orchestre partagent les mêmes qualités de malléabilité, de cohésion et de stabilité des phrasés, offrant en outre une magnifique palette de couleurs, enivrante même du côté des instrumentistes, avec des bois et des cuivres absolument superbes dont les timbres sont bien mis en valeur par une prise de son soignée et aérée, une constante des enregistrements réalisés par le label Phi depuis sa création. Le quatuor de solistes m’a laissé un peu plus sur ma faim ; si j’ai apprécié la voix très claire et souple d’Hana Blažiková, dont on peut ne pas goûter la nature un peu « instrumentale », et celle de Peter Kooij qui compense les égratignures du temps par un art de diseur de tout premier plan, je trouve le ténor Thomas Hobbs un rien crispé, presque sec par instants, malgré des moyens solides et le contre-ténor Damien Guillon, animé d’un louable souci d’articulation et de clarté, quelque peu pâle du point de vue expressif. Cependant, ces petites inégalités ne gâchent absolument pas le plaisir que procure l’écoute d’une réalisation qui conjugue une recherche permanente d’équilibre et d’éloquence avec une véritable intelligence de cette musique d’autant plus remarquable, peut-être, qu’elle montre aujourd’hui sa capacité à ne pas s’en tenir à ses acquis ou à des formules. Un disque parfaitement recommandable, donc, que les quelques scories signalées privent de peu d’un Incontournable de Passée des arts mais qui apportera bien des joies à ceux qui choisiront de faire un peu de chemin en sa compagnie. Et, comme une bonne nouvelle n’arrive jamais seule, Philippe Herreweghe devrait nous offrir bientôt la suite de son pèlerinage dans le corpus des cantates puisqu’il enregistrera, en janvier 2013, les BWV 44, 48, 73 et 109.

 

johann sebastian bach ach susser trost herreweghe cantatesJohann Sebastian Bach (1685-1750), Ach süßer Trost ! Cantates Es ist nichts Gesundes an meinem Leibe BWV 25, Warum betrübst du dich, mein Herz ? BWV 138, Herr, gehe nicht ins Gericht mit deinem Knecht BWV 105, Schauet doch und sehet, ob irgendein Schmerz sei BWV 46

 

Hana Blažiková, soprano, Damien Guillon, contre-ténor, Thomas Hobbs, ténor, Peter Kooij, basse
Collegium Vocale Gent
Philippe Herreweghe, direction

 

1 CD [durée totale : 67’23”] Phi LPH 006. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

 

Extraits proposés :

1. Cantate BWV 46 : Coro « Schauet doch und sehet, ob irgendein Schmerz sei »

2. Cantate BWV 105 : Aria (soprano) « Wie zittern und wanken »

 

Un extrait de chaque plage du disque peut être écouté ci-dessous grâce à Qobuz.com :

 

La photographie de Philippe Herreweghe est de Michiel Hendryckx.

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Gemmes
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commentaires

Roland Koch 10/03/2013 16:26


Re-re-bonjour Jean-Christophe,


je crois me rappeler que l'émission "Le Jardin des Critiques" ne compte pas parmi vos favoris:-)


L'écoutant aujourd'hui, BWV 46 le sujet, je me suis rendu compte du chemin que mes oreilles ont parcouru depuis ces quelques trois mois. J'aurais été très surpris si Herreweghe n'avit pas "gagné"
à cette comparaison...


Bien sur, les arguments, parfois loufoques, des participants diffèrent par moments grandement de vos propos, rejoignant quand meme ce que vous avez l'amabilité de communiquer ici.


Bonne fin de dimanche,


r.k.

Jean-Christophe Pucek 10/03/2013 17:50



Bonjour Roland,


Effectivement, le Jardin des critiques est une émission avec laquelle j'ai un peu de mal, plus précisément  avec son présentateur qui, pour compétent qu'il soit, me semble très imbu
de lui-même tant à l'antenne que dans les rares réponses qu'il daigne faire aux commentaires qu'on lui laisse sur le site de l'émission (j'ai d'ailleurs très vite abandonné). Je trouve qu'il est
dommage qu'il oublie à ce point que sans les auditeurs, son activité radiophonique ne serait rien.


Figurez-vous que j'ai néanmoins écouté l'émission d'aujourd'hui, d'abord parce que le sujet était Bach et ensuite pour voir comment le disque de Philippe Herreweghe allait se sortir de la
confrontation. J'ai eu grand plaisir à voir que le chouchou des critiques officiels parisiens, Masaaki Suzuki, n'a pas dépassé le premier tour (à sa décharge, il a fait beaucoup de progrès
depuis) et que le travail de Philippe Herreweghe, que la même critique considère du bout des lèvres aujourd'hui, a été salué à sa juste valeur. Quarante ans au service d'un compositeur, ça fait
souvent la différence, et c'est heureux.


Merci pour votre mot, j'ai vraiment plaisir à vous retrouver après cette période de silence.


Très belle fin de dimanche à vous.



Henri-Pierre 04/12/2012 17:31


Leipzig, à une date bien plus proche que ce 22 mai 1723, mais je ne me souviens plus de ni du jour ni même de l'année.
2008 ou 2009 ? Peut-être avant, il faudrait que je me retrouve dans l'empilement des photographies accumulées, soigneusement classées, mais le temps et la mémoire ont raison des meilleurs
classements. Tout devient brume sauf le parfum des jours vécus ; te souvient-il Jean-X de ce passage à Leizig d'où Ch. eut l'idée dans cette église hantée par Bach et qui nous
accueillit aux sons des orgues et d'une magnifique voix féminine, de t'appeler de son téléphone portable pour partager l'émotion ?
Cette émotion je la retrouve aujourd'hui en empruntant le fil de l'eau du cours que tu nous proposes.
Lors de ma première lecture de ce billet je ne parvins pas à trouver de réponse intelligente à te faire, et puis, en ré-écoutant ces notes sur ton blog, à défaut d'intelligence (comment
pourrais-je rivaliser avec la pertinence de tes mots dans un domaine que tu contrôles parfaitement ?) la note sensible est venue.
Un souvenir.
Un souvenir lié à Leipzig et à Bach.
Un souvenir lié aux temps d'avant tant de débâcles, une belle lumière que tu n'as certainement pas oubliée non plus, j'en suis certain.
"Warum betrücht du dich, mein Herz" puisque on peut "compter sur le soutien de Dieu" ? et que donc Il nous accordera encore et quand il Lui plaira des horizons plus
dégagés.

Jean-Christophe Pucek 05/12/2012 09:58



Comme tu le sais, cher Henri-Pierre, je prise tout autant les commentaires qui permettent de partager l'émotion d'un instant présent ou passé que ceux qui font appel à des connaissances
musicologiques susceptibles d'élargir le débat sur le compositeur ou la façon dont sa musique est interprétée; chacun vient ici avec ce qu'il a et tout, fors l'injure ou les ricanements faciles,
est toujours bon à prendre à mes yeux.


Je me souviens bien sûr de l'épisode que tu ressuscites, puisque l'attention de Charles m'avait particulièrement touché, comme le fait de m'en ressouvenir grâce à ton intervention. Et pour le
reste, que Sa volonté soit faite !


Merci pour ton commentaire.



Roland Koch 27/11/2012 22:01


..und sehet, ob irgendein Schmerz sei...


m'accompagne en ce moment. Simplement admirable, à oublier toute douleur...


Vous aviez raison, Jean-Christophe, le disque ne me déçoit pas.


Curieusement, Damien Guillon me semble de plus en plus familier


La prise de son me parait particulièrement soignée, plus peut-être, que pour la Missa in H-moll. Je commence à m'éloigner de Minkowski pour cette dernière, je n'étais peut être pas encore prêt à
découvrir les trésors cachés de Herreweghe.


Cette "Cure" va accompagner mes prochaines séances de sport, essayant d'ajouter quelque chose de sain à mon corps


Bien cordialement,


r.

Jean-Christophe Pucek 28/11/2012 13:59



Je suis évidemment très heureux que ce disque ne vous déçoive pas, Roland, malgré les quelques petites réserves ponctuelles ici et là sur lesquelles on finit par passer, une fois qu'elles nous
sont devenues familières, pour reprendre le mot que vous utilisez.


Je suis d'accord avec vous pour ce qui est du soin apporté à la prise de son, une constante pour tous les enregistrements publiés par Herreweghe depuis le lancement de Phi dans laquelle je vois
une expression du caractère perfectionniste du chef. Pour ce qui est de la Messe en si, même si Minkowski a contribué à secouer un peu la discographie, je vous avoue que ce n'est pas
naturellement vers sa version que j'irai si je souhaite écouter cette œuvre.


Je vous souhaite tout le meilleur pour la poursuite de votre « cure » et de votre entraînement. Mes cordiales pensées vous accompagnent.



Christine 19/11/2012 06:14


Heureuse de savoir que Bach est arrivé de Köthen à Leipzig au début de l'après-midi du 22 mai 1723 ... Cette jolie phrase là est, à mes yeux,  tout ce qui fait le charme de Passée des Arts.
J'ai beaucoup aimé les extraits proposés et donc hop dans mon escarcelle celui-là aussi ; il ne saurait tarder à arriver.

Jean-Christophe Pucek 19/11/2012 07:30



J'ai de la chance, Christine, les chroniqueurs de l'époque ont consigné l'arrivée de Bach à Leipzig de façon relativement précise et ça m'a permis de partager cet instant à mon tour. Je suis
complètement d'accord avec vous : cette notation, en soi banale, est un bon support d'imagination qui permet de tenter d'entrevoir un peu de l'atmosphère de l'événement.


Je pense sincèrement que vous ne serez pas déçue par ce disque et, tout comme celui de Damien Guillon, je suis preneur de vos impressions d'écoute si vous souhaitez me les communiquer.


Merci pour votre commentaire et très belle journée à vous.



Roland Koch 18/11/2012 13:38


Bonjour Jean-Christophe,


"Damien Guillon, animé d'un louable souci d'articulation et de clarté," m'a poussé à aller chez Beck:
http://www.ludwigbeck.de/kaufhaus/musik/
pour m'en rendre compte.
Mon Prof. d'allemand désespérait que j'arrive un jour à discerner la différence de prononciation entre "Kirche" et "Kirsche"; invariablement, j'en restais à la cerise.
Quand j'ai entendu D. Guillion chanter un "Ich", mes problèmes d'alors me revinrent en mémoire Du coup, j'ai reposé le
CD et suis parti. (pour le commander à peine rentré.) Pas très logique de ma part, puisque moi-meme, lorsque je m'exprime en francais ces temps-ci, passe plus pour un Allemand parlant assez bien
le francais.


Plus je découvre de cantates de JSB, plus j'ai grande envie d'acheter une édition complète...
Le Cantor me poursuit ces temps; j'écoutais ces jours-ci un "voyage en Moi-Majeur" sur France-Musique, lorsque, sans crier gare, les preméres mesures de "kommt Schwestern, helft mir trauern".. se
firent entendre: VLAN! l'émotion pure... Cela ne m'a pas quitté depuis la première fois que j'ai entendu la Passion selon St. Matthieu en concert.


Merci de m'aider à  trouver une orientation dans ma quete.


Roland


Overblog semble ne pas gouter le copier-coller provenant de Word. J'avais pu admirer mon texte avant de le publier.


r.


 


 


 

Jean-Christophe Pucek 18/11/2012 14:15



Bonjour Roland,


Ah, voici votre commentaire !  Je suis ravi, comme à chaque fois, de vous retrouver.


Damien Guillon fait indubitablement de louables efforts sur la prononciation de l'allemand et s'il n'y parvient pas toujours, au moins essaie-t-il alors que certains se contentent de délivrer une
vague bouillie — le même problème existe avec le français, y compris avec des chanteurs dont il est la langue maternelle Très sincèrement, je crois que ce disque de Philippe Herreweghe ne vous décevra pas, je ne puis vous dire le nombre de fois (20 ? non, plutôt 30) où je l'ai écouté sans pour autant
éprouver le moindre sentiment de lassitude


Je suis animé par la même envie que vous d'avoir à ma disposition toutes les cantates de Bach, mais le problème est évidemment celui du choix : Koopman s'est essoufflé très vite (et c'est un chef
avec l'univers duquel j'avoue peu d'affinités), Gardiner est inégal de par l'architecture même de son projet (enregistrements de concert effectués durant une année complète), Suzuki est plutôt
lisse et desservi par des chanteurs pas toujours heureux (Robin Blaze, en particulier), l'intégrale Harnoncourt/Leonhardt est un monument, mais l'édifice fait son âge. Bref, pour le moment, je
temporise et je happe quelques nouveautés par-ci, par-là, préférant composer une mosaïque à mon goût tout en ayant conscience des limites de l'exercice.


Merci pour vos commentaires – je suis preneur de vos impressions d'écoute sur ce disque, si vous souhaitez m'en faire part – et très bon après-midi dominical.


PS : Overblog n'aime pas grand chose, y compris, parfois, les blogueurs eux-mêmes.



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