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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 17:03

 

« On ne joue pas du clavecin ou du violon, on doit jouer la musique, avoir en tête un son beaucoup plus grand que celui qu’on a sous les doigts, être nourri par l’étude de la partition et par toute la culture qui l’entoure, les tableaux, les traités, la poésie, les autres instruments, la musique d’ensemble… »
Gustav Leonhardt (entretien avec Gaëtan Naulleau, Diapason, mai 2008)

gerrit adriaensz berckheyde coude herengracht amsterdamGerrit Adriaensz. Berckheyde (Haarlen, 1638-1698),
Le coude du Herengracht à Amsterdam, 1685.
Huile sur toile, 53 x 62 cm, Amsterdam, Rijksmuseum.

Chacun savait qu’un cycle important était en train de s’achever après ce concert du 12 décembre 2011 qui fut le dernier d’un Gustav Leonhardt aux forces épuisées par la maladie. Un mois aura suffi pour qu’elle emporte cette figure à la fois discrète et immense qui a donné à la renaissance et au développement de la musique baroque une impulsion vitale essentielle et formé plusieurs générations d’interprètes.

Lorsque l’on tente de remettre en perspective ce que l’on sait de la vie et de l’art d’un homme peu enclin aux confidences, on est immédiatement frappé par leur parenté avec les représentations d’églises, de villes ou de paysages du XVIIe siècle hollandais, dont la sûreté de construction impressionne de loin tandis que la multitude de détails fascine au fur et à mesure que l’on s’en rapproche. Né le 30 mai 1928 à ’s-Graveland près d’Hilversum, dans la province de Hollande Septentrionale, c’est d’abord au piano qu’il se forme avant que ses parents, à la fin des années 1930, fassent l’acquisition d’un clavecin « moderne » pour que le jeune garçon puisse tenir convenablement la partie de continuo des pièces musicales jouées en famille presque chaque soir. Entre l’instrument et lui, alors admirateur fervent de Wanda Landowska (1879-1959), se nouent des liens qui dureront une vie entière. En 1947, Gustav Leonhardt part étudier durant trois ans à la Schola Cantorum de Bâle auprès du claveciniste et organiste Eduard Müller, avant de gagner Vienne où, tout en enseignant à l’Académie de musique de 1952 à 1955, il dévore livre sur livre, publie une étude sur L’Art de la Fugue démontrant que l’œuvre a été écrite pour le clavecin, donne ses premiers concerts et grave ses premiers disques pour Vanguard, dont un Frescobaldi qu’il qualifiera d’« horrible » en 1952 et sa première version des Variations Goldberg l’année suivante, tous deux sur des clavecins « modernes ». gustav leonhardtLe premier miracle discographique d’un parcours qui en comptera beaucoup a lieu en mai 1954 lorsqu’il enregistre, en compagnie de Nikolaus Harnoncourt, son cadet de dix-huit mois qui demeurera un fidèle compagnon de route, un mémorable microsillon regroupant les cantates BWV 54 et 170 ainsi que l’Agnus Dei de la Messe en si mineur de Bach ; le soliste n’est autre que le contre-ténor Alfred Deller, dont Leonhardt ne cessera d’affirmer l’influence importante qu’aura eue sur lui son exigence de lisibilité textuelle. De retour à Amsterdam, il est nommé professeur au conservatoire et organiste à la Waalsekerk, tribune qu’il quittera pour celle de la Nieuwe Kerk en 1981. Il fonde, en 1955, le Leonhardt-Consort, avec lequel il va enregistrer nombre de disques de musique anglaise et française, alors peu explorées, puis participer à un des projets discographiques les plus ambitieux lancés dans les années 1970, l’enregistrement, sur instruments anciens, de l’intégralité des cantates de Bach pour Telefunken (qui deviendra ensuite Teldec). Cette aventure partagée avec Harnoncourt va mobiliser ses forces de 1971 à 1990, sans l’empêcher, en parallèle, de fonder La Petite Bande avec les frères Kuijken en 1972 et d’éditer les Fantaisies et les Toccatas de Sweelinck en 1974, tout en poursuivant ses activités de soliste et de chef d’ensemble au concert comme en studio, livrant, pour ne citer que quelques exemples, des versions époustouflantes de pièces de Louis Couperin ou de Domenico Scarlatti, et, bien sûr, de Bach, comme les Suites anglaises (1973) ou les Concertos Brandebourgeois (1976), ces derniers réunissant la fine fleur des instrumentistes néerlandais ou flamands rencontrés par Leonhardt après son retour à Amsterdam, les Kuijken évidemment, mais également Anner Bylsma ou Frans Brüggen. Après une période de silence discographique à partir du milieu des années 1990, il livre entre 2002 et 2007, pour le label Alpha, ses derniers récitals au clavecin et à l’orgue ainsi qu’un ultime enregistrement dédié à deux cantates profanes de Bach.
Le mot qui vient le plus spontanément à l’esprit pour définir Gustav Leonhardt est celui d’austérité, généralement suivi, pour faire bonne mesure, par le rappel de sa foi calviniste. Je serais néanmoins tenté de le remplacer par celui de concentration, presque au sens alchimique du terme, l’élimination du superflu aboutissant à un substantiel enrichissement de la matière restante. Qu’il s’agisse du garçonnet passant ses journées à accorder et jouer son premier clavecin dans les Pays-Bas occupés des années 1940, du jeune professeur des années de Vienne hantant les bibliothèques, du musicien accompli préparant avec une extrême minutie chacun de ses disques ou concerts pour que le jeu puisse ensuite se déployer librement – « Quand on joue, on ne pense pas ; on a pensé » déclarait-il – c’est bien le sentiment d’un travail continûment assidu et concentré comme condition de la liberté de l’interprète qui s’impose ; un humble artisanat et une profonde méditation visant à servir la musique et en porter l’émotion jusqu’aux autres en ne cherchant jamais à tirer la couverture à soi, une attitude aux antipodes du culte de l’effet gratuit et de la facilité aujourd’hui parfois si injustement prisée. Bien sûr, cette esthétique toute classique du mêdén agan (« rien de trop ») est patente dans son approche toute de fluidité et de lisibilité polyphonique de la musique pour clavier, mais prenez le temps de réécouter ses cantates de Bach dans l’intégrale Teldec et vous constaterez que toutes les forces en présence y sont mobilisées dans un seul but, celui de rendre la Parole sensible à l’esprit comme au cœur et donc agissante. gustav leonhardt juin 2011On trouvera probablement des versions plus raffinées et sans nul doute plus spectaculaires de ces œuvres, mais je doute que l’on puisse en trouver qui usent de plus d’éloquence pour s’adresser à l’auditeur – au fidèle. Fidélité, voici un autre mot pour définir Gustav Leonhardt. Fidèle au facteur de clavecins de ses débuts, Martin Skowroneck, fidèle au producteur Wolf Erichson pour lequel il enregistrera plus de 70 disques successivement pour Das alte Werk, Seon et Vivarte, fidèle aux musiciens ayant vécu à ses côtés les heures aventureuses de la redécouverte de la musique baroque, les Harnoncourt, Brüggen, Bylsma, Kuijken, et surtout fidèle à lui-même et à ses convictions, n’ayant jamais cédé aux sirènes du succès et des modes, ayant préféré se détourner de l’opéra plutôt que subir les errances des metteurs en scène et toujours refusé de s’écarter de la musique des XVIIe et XVIIIe siècles en assumant son peu de goût pour le pianoforte ou le répertoire romantique. Pour qui accepte que ces deux choses puissent s’exprimer autrement que de façon tonitruante, il est évident que Leonhardt est un homme de passion et de convictions, remettant sans cesse en question les acquis – son « on ne sait pas » demeure célèbre – et ne cherchant jamais à prouver à la façon souvent sanguine d’Harnoncourt, s’attachant simplement, en se fondant sur une profonde compréhension des œuvres et de leur contexte, à proposer et à ouvrir des pistes, avec une inlassable curiosité non seulement pour la musique, mais pour tous les autres arts, car il avait saisi mieux que beaucoup à quel point le dialogue entre les différentes disciplines est essentiel pour les comprendre réellement. La diversité d’approche et le niveau atteint par ses élèves, qu’ils se nomment Ton Koopman, Christopher Hogwood, Skip Sempé ou Pierre Hantaï, attestent magnifiquement tant de l’absence de systématisme que de l’exigence de son enseignement.
Il y a fort à parier qu’en homme élégant et discret, Gustav Leonhardt aurait détesté les hommages dont il est l’objet depuis quelques jours dans le monde entier, celui-ci comme les autres. Il m’était cependant impossible de ne pas honorer la mémoire d’un de ceux sans l’engagement duquel rien de ce que les plus jeunes amateurs de musique baroque considèrent aujourd’hui comme acquis, en termes d’interprétation comme de répertoire, n’aurait été envisageable. Loin de l’image de divinité inaccessible et marmoréenne, c’est le formidable vivant dont le regard s’est pour toujours refermé sur les miroitements du Herengracht en ce 16 janvier 2012 que j’ai tenu à saluer.

Écouter Gustav Leonhardt :

Le legs discographique du musicien est considérable, puisqu’il a signé plus de 200 enregistrements en qualité de soliste ou de chef, dont il faut dire d’emblée que nombre ne sont malheureusement disponibles que de façon très aléatoire ; les extraits retenus pour accompagner ce billet d’hommage ne sont que de faibles reflets d’un ensemble dont l’importance fait espérer un jour une édition intégrale.
À qui ne connaîtrait pas ou peu le travail du maître, je conseille en priorité le récital qu’il consacrait à des compositeurs anglais et allemands chez Alpha (plage n°2) et qui a le mérite d’offrir un vaste panorama des répertoires qu’il abordait, à la notable exception de la musique française, en particulier Louis Couperin et Antoine Forqueray avec lesquels ses affinités sont indiscutables. Le mieux est ensuite de partir à la découverte de ses disques avec le même esprit curieux qui l’a animé tout au long de sa vie : vous y trouverez mille occasions d’apprendre et de vous émouvoir, y compris lorsque la réalisation vocale ou instrumentale est imparfaite ou datée.

1. Johann Sebastian Bach (1685-1750), Cantate pour le 16e dimanche après la Trinité, Liebster Gott, wenn werd ich sterben ? BWV 8 (1724) :
[I] Chœur : « Liebster Gott, wenn werd ich sterben ? »

King’s College Choir Cambridge
Leonhardt-Consort
Gustav Leonhardt, direction

johann sebastian bach cantatas bwv 7 8 9 gustav leonhardtCantates BWV 7-9. 1 CD Teldec Classics 85738 10145. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

2. William Byrd (c.1542-1623), Queens Alman

Gustav Leonhardt, claviorganum

bach bull byrd gibbons pachelbel gustav leonhardt alpha 042Bach – Bull – Byrd – Gibbons – Hassler – Pachelbel – Ritter – Strogers. 1 CD Alpha 042. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

3. Jan Pieterszoon Sweelinck (1562-1621), Da Pacem, Domine, in diebus nostris

Gustav Leonhardt, orgue de la Sint-Jacobskerk de La Haye

jan pieterszoon sweelinck organ works gustav leonhardtŒuvres pour orgue. 1 CD DHM 05472 77434 2. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

La photographie de Gustav Leonhardt au château de l'Engarran en juin 2011 est de Philippe Leclant, que je remercie de m’avoir autorisé à l’utiliser.

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Pour mémoire
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commentaires

Carlos MEJIA 11/11/2013 09:48


Merci de ce texte magnifique que je lis seulement maintenant. Je suis un admirateur fervent de Leonhardt depuis que j'ai écouté son premier disque et que je l'ai écouté au concert pour la
première fois dans les années 70. Sa mort termine pour moi une étape de ma propre vie. J'ai pu le cotoyer, sans vraiment le connaître, lors de concours de clavecin ou de concerts où à l'époque on
ne se bousculait pas. Il était toujours le même, austère et accessible à la fois. Un grand monsieur, un immense artiste irremplaçable.

Jean-Christophe Pucek 23/11/2013 08:10



Je n'ai jamais eu la chance de côtoyer Gustav Leonhardt ou même d'assister à l'un de ses concerts, mais j'imagine que l'homme devait, par sa présence discrète et son immense culture, être très
impressionnant. Il demeure et demeurera, en tout cas, un phare pour tous ceux pour lesquels le mot de musique ancienne signifie réellement quelque chose.


Merci pour votre message et veuillez excuser le retard avec lequel je vous réponds.



Marie 31/01/2012 19:45


Il me semblait avoir dit que ma préférence allait à Queens Alman mais quand les sonorités volent les mots, comment est-il possible de commenter avec la juste mesure ? C'est comme voyager
vers un autre monde et espérer rencontrer les anges. C'est plus qu'aimer si cela était. Un beau billet très émouvant.

Jean-Christophe Pucek 02/02/2012 15:56



Vois-tu, je me demandais, en lisant tes lignes, si Gustav Leonhardt les avait rencontrés, les anges dont tu parles, en abordant avant nous les terres inconnues qui se trouvent de l'autre côté du
canal.



Helena González 23/01/2012 21:00


Bellísima página, muy conmovedora. Es un precioso homenaje al maestro Leonhardt que he disfrutado mucho.


Gracias por inundar de emoción el día

Jean-Christophe Pucek 24/01/2012 16:56



Le agrasezco muchisimo su comentario, Helena, y espero que Ud continuara mucho tiempo aun a perpetuar la memoria de ese musico tan sumamente importante que fue Gustav Leonhardt, al cual debemos
tantas descubiertas y admiraciones.
Suyo afectisimo.



frederic munoz 23/01/2012 18:43


Voilà la fin de mon texte:


C’est si difficile avec cet auteur de convaincre l’auditeur. Le goût a évolué, la perception de la
musique aussi depuis trois siècles, et avec le recul on comprend mieux alors qui étaient les musiciens du passé et ceux de l’avenir ». C’est pour cela qu’il préférait Rameau à Couperin, ou Mozart à Haydn.


Aujourd’hui cet artiste d’exception, ce géant comme l’on dit, s’en est allé paisiblement vers
d’autres cieux, il reste cependant vivant dans le cœur de ceux qui l’on connu et écouté, et au travers de plus de 200 enregistrements,  véritable
trésor musical, que nous pourrons encore étudier et écouter, et dont les générations futures s’inspireront sans doute longtemps.


Au cours d’une discussion, on a pu entendre : « Celui qui peut dire merci à Bach, c’est bien Dieu lui même ». Bach aussi, quelque part peut remercier Gustav Leonhardt, il le lui doit bien.   

Jean-Christophe Pucek 23/01/2012 19:20



Merci pour la fin de votre texte, Frédéric. Un petit point de désaccord : Haydn est, à mon sens, bien plus un musicien de l'avenir que Mozart, je ne partage donc pas le peu de cas qu'en faisait
Gustav Leonhardt.


Je vous suis très reconnaissant d'avoir livré votre sentiment sur le maître et d'avoir partagé les souvenirs que vous en avez avec les lecteurs de Passée des arts.



frederic munoz 23/01/2012 14:35


voici la suite de mon commentaire, merci J Ch.


mais se mettant aussitôt au clavier « pour montrer », la lumière jaillissait aussitôt, et l’élève respirait.


Les concerts furent pour lui une grande partie de ses activités de musicien, aimant dans ce cadre,
le contact privilégié avec la musique, pour un public hypnotisé par un jeu qui semblait pourtant sorti de presque rien, jouant souvent des auteurs peu joués, voire inconnus du grand
public : Kerll, Ritter, Böhm, mais avec une telle grâce. Jamais de virtuosité gratuite
malgré une technique des plus solides, mais le son, le son, toujours le son, et une haute inspiration, qui se transmettait magiquement à l’auditeur.


L’homme était vulnérable aussi, disant le mal qu’il avait à se concentrer pour disait-il
« jouer toutes ces notes au bon moment », ou une autre fois sensible à une température un peu froide, se plaignant alors de n’avoir pu mener à bien
comme il l’aurait souhaité telle gigue de Bach, d’où l’utilisation de ses légendaires mitaines. Quelques concerts resteront à la postérité par des enregistrements, ou autres vidéos qui circulent
désormais sur internet. A chaque fois ces concerts furent des leçons d’histoire, de musique, et d’interprétation, pour de nombreux disciples, ou de simples mélomanes. Au début de ses études de
clavecin au conservatoire de Nice, un autre claveciniste, foudre de travail, Scott Ross, devenu si célèbre par la suite, avait lancé un jour « Je serai Leonhardt, ou rien ! ». C’est dire l’empreinte profonde et la
fascination qu’exerçait Gustav Leonhardt sur les jeunes clavecinistes dont il était le modèle.


Cet artiste fut aussi un brillant musicologue, mettant à profit ses nombreuses recherches. On se
souvient de son brillant ouvrage sur l’Art de la Fugue de Johann Sebastian Bach, où, calmement mais avec conviction et preuves à l’appui, il démontra
que cet œuvre avait été pensée pour le clavier, et lui seul.


La contribution à l’orgue de Gustav Leonhardt est assez différente. Il fut à Amsterdam, titulaire
de plusieurs tribunes dont le magnifique orgue baroque de la Waalse-kerk dont il était très fier. Moins révolutionnaire qu’au clavecin, son approche semble plus sage, plus stricte, avec quelque
chose de plus protestant. Moins rompu que d’autres aux difficultés du pédalier, il proposa du coup un répertoire différent, plus « manualiter », sur de nombreux orgues historiques
d’Europe. C’est un immense apport pour la connaissance encyclopédique de musiques finement adaptées sur des instruments en harmonie avec les diverses écoles européennes de facture d’orgue. Il
présida à diverses restaurations à l’authentique à de nombreuses reprises. Une cinquantaine d’orgues sont ainsi représentés mettant en valeur le patrimoine du Danemark, à l’Italie, en passant par
l’Allemagne, l’Autriche ou la France.


On notera qu’il en fut de même pour le clavecin où sa discographie ne présente pas moins d’une
quinzaine d’instruments, pour la plupart historiques, et une nouvelle fois témoins incontournables des différentes écoles de facture.


Sa discographie s’étale environ sur une cinquantaine d’années, depuis les premiers Vanguard des
années 60, jusqu’aux derniers réalisés dans les années 2000 pour le label Alpha. Entre temps, de prestigieuses collections avaient vu le jour, où il occupait non seulement une place de choix,
mais en constituait même l’un des principaux moteurs. La série « Das Alte
Werke » de Telefunken, reste incontournable, elle devint par la suite Teldec (contraction de
Telefunken et Decca). Le catalogue Deutche Harmonia Mundi fut l’un de ses premiers, avec de légendaires contributions avec le Collegium Aureum. Par la suite, il s’était tourné vers Philips Seon,
et Sony, avec ses fidèles amis musiciens, il disait alors que toute discussion passait avant tout par la musique, et que les répétitions habituelles étaient devenues parfaitement inutiles,
parlant tous le même langage. Nous trouvons ici les grands cycles Bach au clavecin, les Brandebourgeois dans une version qui demeure la référence, et les orgues historiques, tout cela capté
magnifiquement sous la direction artistique de Wolf Erichson : un son de
rêve !


Cet aspect de l’art de Gustav Leonhardt, cet art du chef d’orchestre, il le cultiva longuement au
travers de diverses productions dont les plus belles chez Rameau, ou Bach, demeurent des modèles incontournables. Son dernier album, il nous l’offrit en 2005 au travers d’un label russe (EMR), en
un sublime récital Forqueray, et son ultime concert à Paris au Théâtre des bouffes du nord, le 12 décembre 2011.


Claveciniste, organiste, chambriste, chef d’orchestre, musicologue, professeur, et tout cela une
modestie et une discrétion confondante. Ce qui le caractérisait vraiment était cette faculté de se retrouver dans la passé, des époques révolues, afin d’y puiser toute sa connaissance, afin de la
transcender, de la comprendre, et la traduire à notre monde : En cours il nous faisait
remarquer ceci : « Pourquoi Bach passe-t-il si bien aux yeux du grand public et pas François Couperin ? C’est si

Jean-Christophe Pucek 23/01/2012 14:40



Il doit en manquer un ultime petit fragment, Frédéric.



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