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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 07:22

 

Jacob Philipp Hackert L'éruption du Vésuve en 1774

Jacob Philipp Hackert (Prenzlau, 1737-San Piero di Careggi, 1807),
L'éruption du Vésuve, 1774
Huile sur papier marouflée sur bois, 61 x 87 cm, collection privée

 

Une folie. C'est la première réflexion que je me suis faite lorsque j'ai appris le lancement, grâce aux forces conjointes de la Fondation Haydn de Bâle et de l'éditeur Outhere music, du projet Haydn 2032. Ses concepteurs sont partis d'un constat simple, celui qu'il n'existe aujourd'hui aucune intégrale des symphonies du maître d'Esterháza sur instruments anciens, les deux cycles entrepris par Roy Goodman (Hyperion) et Christopher Hogwood (L'Oiseau-Lyre) étant demeurés inachevés, tandis que d'autres chefs – Frans Brüggen bien sûr, mais également Nikolaus Harnoncourt, Trevor Pinnock, Sigiswald Kuijken ou encore Bruno Weil – n'ont gravé que des anthologies plus ou moins larges. Ils ont donc décidé de confier au chef Giovanni Antonini et à l'ensemble Il Giardino Armonico, fondé en 1985 et qui s'est surtout fait un nom grâce à ses interprétations décapantes des œuvres de Vivaldi au début des années 1990, que devraient rejoindre ensuite les forces du Kammerorchester Basel, d'enregistrer, d'ici 2032, année tricentenaire de la naissance de Haydn, ses 107 symphonies (104 numérotées, deux étiquetées A et B, une concertante), en les mettant en regard, ce qui est une excellente idée, avec des œuvres de ses contemporains, pour mieux faire entendre dans quel contexte elles s'inscrivent.

 

Dans cette logique, le premier volume, intitulé La Passione, propose trois pages haydniennes et la musique du ballet pantomime Don Juan ou le Festin de Pierre composée par Gluck pour Vienne en 1761. Cette dernière œuvre, non seulement pleine de charme descriptif mais écrite d'une plume très maîtresse de ses effets, demeure encore assez peu connue malgré un bel enregistrement déjà ancien de Tafelmusik (Sony Vivarte, 1993) ; elle est pourtant d'une importance insigne dans l'histoire de la musique de la seconde moitié du XVIIIe siècle puisqu'elle constitue, en particulier dans son Allegro non troppo conclusif, une manifestation précoce et tonitruante d'un mouvement qui allait secouer – le verbe n'est pas exagéré – les pays germaniques durant une vingtaine d'années : le Sturm und Drang (« tempête et élan »). Joseph Siffred Duplessis Christoph Willibald GluckPhénomène au départ essentiellement littéraire (son nom est celui d'une pièce de théâtre Maximilian von Klinger écrite en 1776), il se conçoit comme une opposition au rationalisme des Lumières au travers d'une exacerbation des ressentis individuels dont l'expression peut revêtir des formes extrêmes — voyez, par exemple, Les souffrances du jeune Werther de Goethe, un roman sentimental dont la publication, en 1773, provoqua une vague de suicides en Europe. Si on peut en trouver des manifestations picturales chez un artiste comme Füssli (son très stürmisch Cauchemar date de 1781) ou dans les nombreuses représentations des éruptions du Vésuve dues, entre autres, à Hackert, Wright of Derby ou Volaire, les musicologues hésitent de plus en plus aujourd'hui à associer le Sturm und Drang à la musique (on pense, à ce sujet, aux réserves exprimées par Charles Rosen). Il n'en demeure pas moins évident que l'on observe, entre environ 1760 et 1785, une propension de la part d'un nombre conséquent de compositeurs à produire un volume plus important que de coutume d'œuvres instrumentales – mais pas seulement, le Stabat Mater de Haydn répond aussi à cette esthétique – assez sombres, débordantes de tension et utilisant préférentiellement le mode mineur, y compris chez ceux pour qui ce geste et cette humeur sont tout à fait inhabituels — on songe, par exemple, à la Symphonie en sol mineur op. 6 n° 6 que Johann Christian Bach composa durant la décennie 1760. Le finale du ballet de Gluck dépeignant la chute de Don Juan aux Enfers fait appel à un ré mineur dramatique à souhait mais aussi auréolé, comme souvent avec cette tonalité, d'une vague couleur religieuse, un alliage qui parvient sans mal à provoquer le frisson ; Mozart s'en souviendra en 1787 dans son Don Giovanni (la scène de l'affrontement final entre le Commandeur et le séducteur est en ré mineur), tandis que Boccherini, qui avait participé, en qualité de musicien d'orchestre, à la création du ballet lui avait déjà rendu hommage, en 1771, dans sa Symphonie « La Casa del Diavolo » (G. 506), en ré mineur naturellement.

Haydn ne resta pas à l'écart de l'influence du Sturm und Drang, bien au contraire ; quitte à faire hurler les thuriféraires de la notion fumeuse de génie, il y fut même plus profondément et plus durablement sensible que Mozart chez lequel elle ne s'exprima que d'une manière pour le moins épisodique. Au même titre que certains de ses quatuors à cordes (le fameux Opus 20), de ses sonates pour clavier ou de ses œuvres sacrées composées entre 1766 et 1775, ses symphonies de la même période démontrent à quel point le compositeur sut se servir des avancées expressives qu'autorisait ce nouveau langage pour tenter des expérimentations et se frayer ainsi un chemin vers un style original et personnel. La Symphonie en sol mineur Hob. I.39 qui ouvre le disque est probablement la plus ancienne de tout le groupe dit du Sturm und Drang, puisqu'elle pourrait dater du printemps 1767. Elle annonce d'emblée la couleur avec un premier mouvement tendu et compact, un caractère que retrouvent le Menuet et le Finale, ce dernier parcouru par de forts contrastes dynamiques ; cette tension d'ensemble n'est adoucie que par le mouvement lent, un Andante pour cordes seules dont la douceur détendue apparaît comme une éclaircie entre deux lourdes averses. Ludwig Guttenbrunn Joseph HaydnNul répit, en revanche, dans la Symphonie en fa mineur Hob. I.49 dont on ignore d'où lui vient son sous-titre « La Passione », apocryphe comme tous les autres, à l'exception de celui de Symphonie en la mineur Hob. I.64 « Tempora mutantur » (1773). Tous ses mouvements, hormis le Trio de son Menuet dans un agreste fa majeur, demeurent obstinément en fa mineur, avec un Adagio liminaire étouffé, pesant, entrecoupé d'interjections douloureuses qui fait place à un Allegro di molto agité et vaguement menaçant, puis à un Menuet dont le sourire est banni au profit d'une pulsation inquiète, le Presto final se révélant, lui, aussi farouche que tempétueux. On comprend mieux, en écoutant cette partition impressionnante, qu'elle ait attirée tant d'interprètes et gagné une place de choix dans le cœur de nombreux haydniens fervents.

Il faut dire un mot, pour finir, de la Symphonie en ré majeur Hob. I.1, qui est peut-être la toute première composée par Haydn, sans doute en 1757 alors qu'il se trouvait au service du Comte Morzin — je renvoie le lecteur curieux à ce billet de 2009 pour plus de précisions. Suivant, avec ses trois mouvements, le schéma de l'ouverture d'opéra qui donna pour une bonne part naissance à la symphonie comme genre indépendant, elle se distingue – déjà ! – par ce qu'elle révèle de la capacité qu'a Haydn de s'approprier un modèle et de le transformer en quelque chose qui porte sa griffe ; en effet, si l'Andante et le Presto final sont des pages d'un charme certain sans être outre mesure étonnantes, le Presto liminaire se révèle être, lui, une très belle trouvaille par son utilisation d'un lieu commun de l'époque, le crescendo initial popularisé par l'École de Mannheim, considérablement dynamisé et densifié par une série d'irrégularités rythmiques et de modulations. Tout Haydn est, pour ainsi dire, là dès le départ, avec son intelligence, son énergie et son humour.

 

Pour être tout à fait honnête avec vous, j'ai eu un peu peur, en découvrant le premier mouvement de la Symphonie en sol mineur, qu'Il Giardino Armonico soit toujours cet ensemble qui a tendance à y aller un peu fort sur la cravache pour faire expressif, une des raisons pour lesquelles certains de ses anciens enregistrements ont assez mal vieilli. Les musiciens ont, en effet, choisi de restituer les œuvres majoritairement orageuses rassemblées dans ce premier volume avec un emportement qui, même s'il frôle parfois dangereusement la dureté, leur sied mieux qu'une approche trop tempérée et d'en faire saillir les angles en y jetant une lumière crue. Cette optique ne conviendra pas à tout le monde et risque de faire grincer les dents des tenants de lectures plus « traditionnelles » (Antal Dorati, Thomas Fey...), à moins qu'elle ne leur fasse redécouvrir complètement des partitions qui, abordées avec un brio qui a les moyens de ses ambitions – car si on joue souvent vite et fort ici, il faut reconnaître que la technique et la discipline sont au rendez-vous –, ont tout de même fière allure. Il Giardino Armonico et Giovanni Antonini (c) Benjamin PritLe ballet Don Juan est ainsi une indiscutable réussite, dans la mesure où sa musique a été prise au sérieux par Giovanni Antonini et ses troupes qui s'attachent à en exalter le dramatisme, les détails et les couleurs. Du côté des symphonies, le bilan est également excellent, et la Symphonie en fa mineur démontre parfaitement que cette interprétation n'est pas faite que des coups de boutoir que l'on ne manquera pas de lui reprocher : l'Adagio liminaire est conduit avec beaucoup de finesse mais aussi d'intériorité, et cette nouvelle lecture surclasse toutes celles de l'œuvre que j'ai pu entendre auparavant, tant par son galbe que par la tension qui y est entretenue et ne s'apaise jamais. Hormis la précipitation déployée dans l'Allegro assai liminaire qui aurait gagné, à mon sens, à respirer un peu plus, j'ai été également séduit par la version de la Symphonie en sol mineur, dynamique, tranchante mais bien équilibrée, l'Andante n'étant pas survolé comme trop souvent, tandis que la Symphonie en ré majeur me semble parfaitement comprise et jouée avec la même conviction que les pages plus célèbres. J'aimerais juste comprendre pourquoi on a laissé passer quelques bruits parasites à l'arrière-plan sonore du premier mouvement de cette dernière qui m'ont, je l'avoue, fait sursauter et quelque peu gâché le plaisir.

Ce premier volume est, d'un point de vue musical, globalement cohérent et réussi et je le recommande donc sans hésiter à ceux d'entre vous que ce répertoire intéresse et que j'espère nombreux. Je suis plus réservé sur l'aspect éditorial qui me semble employer de grands moyens pour un résultat décevant ; chacun appréciera ou non les illustrations selon son goût, mais force est de constater que les textes d'accompagnement sont peu informatifs, quelquefois inutilement grandiloquents ou un peu creux à force de vouloir paraître légers. On espère que les prochaines productions verront une évolution sur ce plan tout en conservant le même enthousiasme dans l'interprétation ; la suite de cette entreprise est, en tout cas, attendue avec un véritable intérêt.

 

Haydn 2032 La Passione Il Giardino Armonico Giovanni AntoniFranz Joseph Haydn (1732-1809), Symphonies en ré majeur Hob. I.1, en sol mineur Hob. I.39, en fa mineur Hob. I.49 « La Passione », Christoph Willibald Gluck (1714-1787), Don Juan ou le Festin de pierre, ballet pantomime

 

Il Giardino Armonico
Giovanni Antonini, direction

 

1 CD [durée totale : 70'51"] Alpha 670. Ce disque peut être acheté sous forme physique en suivant ce lien et au format numérique sur Qobuz.com.

 

Extraits proposés :

 

1. F.J. Haydn, Symphonie en ré majeur Hob.I.1 : [I] Presto

 

2. C.W. Gluck, Don Juan : [XV] Allegro non troppo

 

3. F.J. Haydn, Symphonie en fa mineur Hob.I.49 « La Passione » : [I] Adagio

 

Un extrait de chaque plage du disque peut être écouté ci-dessous grâce à Qobuz.com :

 

Une vidéo de présentation du projet réalisée, avec sa pertinence coutumière, par Colin Laurent peut être visionnée ci-dessous :

 

Illustrations complémentaires :

 

Joseph-Siffred Duplessis (Carpentras, 1725-Versailles, 1802), Christoph Willibald Gluck, 1775. Huile sur toile, 80,5 x 99,5 cm, Vienne, Kunsthistoriches Museum

 

Ludwig Guttenbrunn (Vienne ou Krems an der Donau, 1750-Frankfurt am Main, 1819), Joseph Haydn, c.1770. Huile sur toile, localisation non précisée.

 

La photographie d'Il Giardino Armonico et de Giovanni Antonini en concert (Berlin, 21 juin 2014) est de Benjamin Pritzkuleit.

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Saisons Haydn
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commentaires

alba 02/11/2014 08:20


Retrouver Haydn... Merci jean -Christophe.

Jean-Christophe Pucek 02/11/2014 08:43



Je le retrouve toujours avec grand plaisir moi aussi, Alba.


Merci et bon dimanche à vous.



Marie-Reine 01/11/2014 16:57


Liées ou non au Sturm und Drang, les musiques de ce disque, cher Jean-Christophe, bouillonnent d'énergie. D'émotion aussi, comme l'Adagio de La Passione dont les
premières mesures m'ont particulièrement saisie qui semblent préfigurer - je ne suis sans doute pas la seule à l'avoir entendu - Der Tod und das Mädchen.


J'ai vu également, pour cette symphonie, un autre sous-titre sur la partition d'orchestre, peut-être tout aussi apocryphe : In Nomine Domini. Et Fine laus Deo sous les dernières
mesures du Presto.


J'ai découvert le Don Juan de Gluck que je ne connaissais pas du tout et je vous avoue avoir passé pas mal de temps en sa compagnie. J'ai pu comparer avec la version du ballet - in
extenso celle-ci, et sans castagnettes ;-) - du TBO que vous nous signalez et je préfère cette dernière, plus conforme sur bien des points - et non des moindres - au manuscrit, trouvé en
ligne, même si les tempi sont un peu moins enlevés pour quelques numéros que ceux du Giardino.


Pour le reste, je partage votre ressenti sur l'interprétation, techniquement impeccable et trèès pêchue, et sur le livret, trèès copieux sans rassasier du tout.


Croisons les doigts pour que cette « folie » Haydn tienne ses promesses et que certain passeur, que je remercie bien sincèrement pour ce billet et que j'embrasse fort affectueusement, nous en
conte les avancées jusqu'en 2032.


 

Jean-Christophe Pucek 06/11/2014 22:05



Je vois que nous faisons réserves communes, chère Marie-Reine, sur le premier volet de cette ambitieuse entreprise Haydn qui, pour être d'un abord fiévreusement séduisant, n'en prend pas moins
des libertés avec la musique – et merci d'avoir regardé de près ce qui se passe pour le Don Juan de Gluck, même si je trouve qu'il y a quand même plus de théâtre chez Il Giardino
Armonico que chez Tafelmusik ce qui n'enlève rien à la probité de la lecture de ce dernier ensemble – et demeure entâchée de quelques tics qui me gênent un peu. Dans le même ordre d'idées, un
lecteur qui ne commente hélas que sur le réseau me faisait remarquer que cette vision de Haydn sonnait, à ses oreilles, plus baroque que classique, ce en quoi je ne peux pas lui donner
complètement tort. Et enfin, honnêtement, le travail éditorial est souvent paresseux et le texte en forme de lettre (vous savez mon goût pour le style épistolaire) inclus dans le livret m'a
souvent semblé un peu ridicule (mais, au fond, je me demande qui va le lire) — bref, vous comprenez mieux pourquoi ce volume n'a pas eu l'Incontournable que le courage du projet semblait
appeler  D'autres chroniqueurs auront sans douté été plus louangeurs que moi.


Je me méfie instinctivement des notations que l'on trouve dans les éditions de Haydn, car on s'est visiblement plu à parer sa musique d'anecdotes quand je pense qu'elle n'en a pas besoin; ceci
dit, le fait qu'il règne dans La Passione une atmosphère diffuse de religiosité ne me paraît guère discutable.


2032 me semble un horizon bien lointain et, comme je le disais à certains lecteurs ici ou ailleurs, ce pari sur l'avenir me semble quelque peu incertain, car où serons-nous alors et le disque
sous sa forme matérielle existera-t-il encore ? A la vitesse où vont les choses, il est permis d'émettre quelques doutes.


Je vous remercie pour votre commentaire, comme toujours chaleureux et détaillé, et je vous embrasse bien affectueusement.



Marie 31/10/2014 19:38


Une folie ... tout comme la présence des trois minuscules personnages à la sortie de la coulée de lave. Quel risque ! Mais aussi de belles heures d'écoute en perspective. Avec un regret, celui de
ne pas connaître les festivités de l'an 2032 ; une interrogation aussi, pour tous les volumes à venir, les interprètes ne seront pas immuables ?

Jean-Christophe Pucek 01/11/2014 13:49



Je partage tout à fait ton avis, très chère Marie, sur le trouble que provoque cette annonce de l'inscription de cette intégrale dans le temps long — combien serons-nous/seront-ils à en voir le
bout ? Je ne sais pas ce qui est prévu au niveau des enregistrements, mais j'espère que la maison de disques jouera la sécurité en en engrangeant le plus possible dans les années à venir, au cas
où.


En tout cas, tu as compris certaines des raisons de mon choix de ce tableau, ce qui ne me surprend absolument pas 


Merci pour ton mot.



Pierre Benveniste 31/10/2014 11:09


Merci Jean Christophe pour ce document passionnant. Enregistrer les 107 symphonies, c'est l'oeuvre d'une vie pour l'artiste quand on procède sans hâte, en pleine connaissance de l'oeuvre
interprétée. Le début de cette entreprise est passionnant. Ma préférée parmi les oeuvres enregistrées, c'est sans hésitations la symphonie n° 39, la meilleure version parmi celles que je connais,
la plus vibrante, la plus intense. Les quatre cors naturels y sont pour quelque chose car ils donnent un surplus de puissance et de tension. De plus ils sont excellents, magnifiques cors altos
dans le trio du menuet, performance d'autant plus méritoire que ces notes suraigues sont horriblement difficiles à rendre sans couacs. Je suis un peu déçu par La Passione; si l'adagio liminaire
est d'une très belle facture, par contre le Presto qui suit m'a paru un peu étriqué, les grands gestes dramatiques que sont ces formidables intervalles aux violons sont moins expressifs
qu'attendus. Il manque un peu ce côté hystérique (mot pas du tout péjoratif) qui me semble caractériser cette musique (remarque valable aussi pour le quatrième mouvement). Quelle merveille que
cette ravissante symphonie n° 1 qui avec la n° 37 en do serait la première parmi les 107 connues composées par Haydn, Il Giardino Armonico lui rend pleinement justice. Il y a beaucoup de charme
dans le ballet Don Juan de Gluck et j'ai adoré le fameux fandango avec ses jolies castagnettes. Je vais suivre cette magnifique entreprise aussi longtemps que possible (2032 est une perspective
intimidante). 

Jean-Christophe Pucek 01/11/2014 16:51



Vous avez tout à fait raison, Pierre, de désigner 2032 comme un terme intimidant pour cette intégrale (où serons-nous alors ?) et, entre nous, j'espère qu'elle va échapper au mauvais sort qui
semble s'acharner sur les entreprises visant à documenter les symphonies de Haydn.


Contrairement à vous, c'est la Passione qui m'a le plus séduit dans cette première livraison (après avoir réécouté Hogwood, Pinnock et le Freiburger Barockorchester), car je trouve que
l'équilibre entre les parties y est parfait, sans le côté tapageur que peut avoir le premier mouvement de la Symphonie n°39, une œuvre que j'aime par ailleurs beaucoup, un effet un peu
facile qui m'a gêné, je vous l'avoue. La version de la Symphonie n°1, en dépit de ces étranges castagnettes qui viennent polluer un premier mouvement (j'ai cru que mon oreille me jouait
des tours, mais un ami dont je connais l'écoute pointilleuse vient de me confirmer que je n'avais malheureusement pas rêvé) où elles n'ont rien à faire, est sans doute la meilleure
jamais enregistrée, tout comme celle du ballet Don Juan de Gluck, même si celle gravée par Tafelmusik est plus complète.


Espérons que la suite sera du même niveau, sans ces petits effets qui, sans être gravissimes, n'en sont pas moins gênants dans une entreprise à vocation encyclopédique.


Merci pour votre commentaire.



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