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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 08:47

 

Pierre Subleyras Portrait homme Giuseppe Baretti

Pierre Subleyras (Saint-Gilles du Gard, 1699-Rome, 1749)
Portrait d'homme
, peut-être Giuseppe Baretti, c.1745

Huile sur toile, 74 x 61 cm, Paris, Musée du Louvre

 

L'été a fini par arriver. On peut dire, sans exagération, qu'il est peu d'événements, du moins en France, qui furent guettés avec autant de fébrilité, cette dernière, entretenue quotidiennement par les médias de tout poil, ayant rapidement confiné à une hystérie aussi ridicule que tristement révélatrice de la civilisation des loisirs dans laquelle nous vivons ; alors que seuls auraient dû se plaindre ceux dont l'activité dépend directement des caprices du climat et que l'on a peu entendu, les contorsions et les minauderies météorologiques du microcosme médiatique qui fait l'opinion et peut se permettre de s'envoler à sa guise vers les destinations ensoleillées où ses représentants sont probablement, à l'heure où j'écris, en train de parfaire le bronzage qu'ils agiteront sous le nez de ceux qui les suivent encore, avaient quelque chose de profondément déplacé. Les choses ont enfin résolu de rentrer dans l'ordre et ceux qui ont la chance de pouvoir prendre des vacances ont rejoint leur lieu de villégiature ou le feront dans quelques semaines.

 

Comme tous les ans, ce blog va, lui aussi, adopter un rythme estival qui est le sien, les plus fidèles d'entre vous l'auront sans doute noté, depuis la mi-juin, date de la dernière chronique publiée. Je vous dois quelques explications sur ce silence, dont certains d'entre vous ont eu le gentillesse de s'inquiéter, comme en attestent les messages reçus en privé, dont je les remercie.

Cela fait bientôt quatre ans et demi que Passée des arts existe et je constate qu'il a, cette dernière année, dévié de l'objectif que je lui avais assigné au départ, en s'orientant vers une omniprésence des recensions de disques ou de concerts au détriment des autres matières. N'allez pas imaginer que je suis prompt à brûler mes vaisseaux : le travail de critique est aussi exigeant que passionnant et les bons échos que reçoivent certaines de mes chroniques m'incitent à le poursuivre. Il m'apparaît cependant de plus en plus clairement que l'harmonie globale de ce qui est proposé ici souffre nettement de l'absence de billets consacrés aux arts plastiques, part essentielle de l'étude, certes bien modeste, du dialogue entre les arts qui est tout mon propos, comme de la faible place réservée aux livres, aux lieux et à ceux que je nomme les « passeurs de patrimoine », dont j'aimerais pouvoir mettre en valeur le travail, souvent trop peu connu.

Je compte donc mettre à profit la période de calme relatif qui va courir au moins jusqu'au 15 août pour poursuivre le travail de réflexion entamé depuis un bon mois afin de faire évoluer Passée des arts dans le sens d'un meilleur équilibre entre les domaines qui y sont abordés, tout en publiant, ici et là, quelques brèves chroniques sur des projets qu'il me semble intéressant de vous faire connaître. Je demeure, bien entendu, à l'écoute de ceux d'entre vous qui souhaiteraient prendre un peu de leur temps pour me faire connaître, au moyen de l'adresse contact@passee-des-arts.com, une critique, un avis, une suggestion à propos de ce que le blog leur propose ou de ce qu'ils désireraient qu'il leur offre et j'assure d'ores et déjà les éventuels contributeurs de ma gratitude.

 

En vous remerciant une nouvelle fois pour votre fidélité, je vous souhaite, ainsi qu'à ceux qui vous sont chers, un très bel été.

 

Accompagnement musical :

 

François Couperin (1668-1733), Les Idées heureuses, tendrement, sans lenteur (Premier Livre des Pièces de clavecin, 2e ordre, 1713)

 

Violaine Cochard, clavecin anonyme fin XVIIe siècle, ravalé par Joseph Collesse en 1748 et restauré par Laurent Soumagnac entre 2000 et 2003

 

François Couperin Ordres pour clavecin 2 4 9 11 Violaine COrdres pour clavecin 2, 4, 9 et 11. 2 CD Ambroisie AM 154, qui peuvent être achetés en suivant ce lien.

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Entre nous
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commentaires

Christine Filiod-Bres 29/07/2013 21:18


Eh bien il s'en passe des choses quand je ne suis pas là  ! Voilà que Passée des Arts nous annonce des
changements. Plus sérieusement, cher Jean-Christophe, sachez que je comprends parfaitement les doutes et les interrogations qui ont pu être les vôtres, et je suis tellement contente que cette
période de réflexion ait débouché sur ce retour aux sources. Votre souhait de vous consacrer davantage aux livres, à la peinture et à la mise en lumière des lieux et des "passeurs de patrimoine",
me plait beaucoup vous le devinez. J'ai bien noté que la musique sera toujours à l'honneur, comment pourrait-il en être autement, sachant le passionné que vous êtes ... Comme on dit à la fin des
contrats : lu et approuvé Jean-Christophe  car même si vous aviez envisagé d'interrompre Passée des Arts, ou
de lui faire faire une cure de sommeil, j'aurais respecté cette décision bien sûr, mais quel manque ça aurait été pour moi et pour tous vos lecteurs et auditeurs les plus fidèles. Je l'avais déjà
dit il y a longtemps, Passée des Arts fait partie de notre vie, en tout cas de la mienne ; ce que je dis là vous paraîtra peut-être excessif, mais c'est sincère. A très bientôt de lire et admirer
tout ce que vous vous proposez de nous faire découvrir. Merci.


Christine

Jean-Christophe Pucek 03/08/2013 08:06



Vous avez raison, chère Christine, on ne peut plus faire confiance à qui que ce soit et dès que l'on a le dos tourné, certains ne peuvent pas s'empêcher de partir dans tous les sens Plus sérieusement, le changement était en germe depuis quelque temps déjà, au moins depuis le printemps où des indices certains
m'avaient déjà alerté sur la nécessité (intérieure) d'un recentrage, dans la mesure où je sentais mon propre travail m'échapper en ne ressemblant plus exactement à ce que je souhaitais. Il n'y
aura pas de révolution (ce n'est pas le genre de la maison) dans les semaines à venir, mais une évolution qui se fera à son rythme mais qui est, dans les faits, déjà largement entamée.


Je vous remercie bien sincèrement pour votre sincérité (dont je ne doute pas) et pour votre fidélité qui toutes deux m'honorent profondément.


Puisse ce week-end qui commence être bon pour vous.


A très vite et de bien amicales pensées.



Henri-Pierre 27/07/2013 18:14


Cher Jean-Christophe,


Je n'abonderai pas dans la veine météorologique, les mêmes qui déploraient la pluie font volte-face et crient à la canicule passés les 25 degrés.
Le temps est tel qu'il est, et puis, chacun y trouve son compte ou pas ; certains se meuvent avec aisance dans la fraîcheur, d'autres vivent avec délectation les chaudes lumières de l'été. mais
tous nous sommes obligés de s'accomoder de ce qui nous est donné, bien sûr il y a un snobisme à courir les stations de sky lointaines en été et à s'envoler en hiver vers les soleils
d'ailleurs. mais bon, ce monde là n'est pas le mien pour qui le voyage a un tout autre sens.
Mais venons-en à l'essentiel, d'abord à ce repos, période de latence, de ton blog ; je ne te cacherai pas que cette perspective de retour à un éventail plus large de tes chroniques me réjouit,
j'ai faille dire diversification, mais dès lors que l'Art reste le centre de tes productions, le fil conducteur est trop fort pour que le mot ne puisse paraître un peu déplacé.
Je suis content à plusieurs titres, le premier, égoïste, c'est que dans cet univers musical extrêmement pointu, je ne me sentais pas toujours à la hauteur de tes écrits et, à part quelques
musiciens faisant partie de mon "cercle intime" ou quelques correspondances avec des souvenirs personnels, j'étais souvent pris de court et, à part quelques fadaises convenues que j'aurais pu
commenter, ce qui n'est digne ni de ta prose ni de mes interventions, j'avais du mal à prolonger le dialogue.
Cette optique plus ouverte, et qui, tu le sais, me va au mieux puisque je n'ai jamais privilégié quelque forme d'expression artistique que ce soit par rapport aux autres, et que la conception que
j'ai de la culture tient plus du flux, d'une teinture englobante qui unit toutes les formes pour donner sa particularité à une époque, à un lieu ; nous entrons dans le domaine des
interdépendances, des influences et des créations qui nourries du passé jettent des ponts vers l'avenir.
Une deuxième joie que je pressens est celle de voir Passée revenir se promener un peu en des allées semblables à celles d'un certain Jardin qui, t'en souviens t'il, m'était si cher
; teinter ce qui va, des émotions de ce qui était  répond avec bonheur à ma façon de marcher.
Je relève aussi cette notion de "passeur de patrimoine", tu comprendras à quel point j'y suis sensible, moi qui à ma modeste façon, me suis mis au service d'une maison languissante pour lui
donner,( pour combien de temps ? mais ça c'est un autre problème) de la vie.
Cette perspective, cher ami, s'ouvre sur de beaux auspices, je ne sais si ma réponse correspond à ce que tu désires, de toutes façons peu importe, tu donnes tes beaux et sensibles écrits en
pâture, chacun y paît l'herbe qui lui convient.
L'essentiel est que tu poursuives ta tâche et que tu continues à dispenser l'exquise nourriture.
Je te souhaite un bel été et t'embrasse.

Jean-Christophe Pucek 14/08/2013 19:10



Cher Henri-Pierre,


Merci pour ton commentaire et excuse, s'il te plaît, le retard avec lequel j'y réponds.


Tout comme toi, je ne souhaite pas m'apesantir sur les considérations météorologiques; même si, ainsi que tu l'écris dans ton dernier billet, la saison est en train de s'avancer et l'été brûlant
que tu aimes de s'éloigner, les chaleurs que nous avons connues ces dernières semaines et celles qui, peut-être, restent à venir, ont infligé aux Cassandre le plus cinglant des démentis. Comme tu
le dis très justement, que nous le goûtions ou non, le soleil brlllera ou la pluie tombera si la nature en a décidé ainsi.


Pour ce qui est du blog, ma réflexion est toujours en cours mais j'y vois aujourd'hui nettement plus clair que lorsque j'ai écrit ce billet. Des échanges sont venus la nourrir et apporter des
éclairages parfois inattendus et toujours intéressants. Il est évident que la voie vers plus de diversité est celle qu'il faut suivre.


Je n'ai pas exactement, comme tu le sais, la même vision de l'art que la tienne, mon optique étant nettement moins « universaliste » que la tienne, ce qui ne veut bien entendu pas dire qu'elle
est plus pertinente. Je compte poursuivre dans la voie « historiciste » qui correspond à ce qui m'intéresse sans chercher à établir des correspondances qui me sembleraient forcées.


Il est, en revanche, tout à fait illusoire de chercher à voir Jardinbaroque se profiler derrière Passée. Ce livre a été clos et il l'est définitivement. J'ai même expurgé Passée de tous les
billets qui pouvaient présenter un caractère par trop personnel, partant du principe que pour s'adresser à tous, il faut éviter de ne s'adresser qu'à un seul, fût-il soi-même. Je ne suis et ne
serai jamais partisan pour moi-même d'un journal intime en ligne qui, de facto, cesserait de l'être en étant publié et je me trouve tout à fait heureux de ce que l'hébergeur de l'ancien
blog ait, d'un clic, envoyé au néant des juvenilia d'un intérêt pour le moins inégal dont je suis le seul aujourd'hui à conserver la trace.


Pour finir, je tiens à souligner la justesse de ta dernière remarque : je n'attends jamais de réaction de telle ou telle façon de mes lecteurs, car chacun d'eux aborde ce que je propose avec sa
propre sensibilité et est libre d'y puiser ce qu'il entend comme de choisir d'y réagir ou non. C'est une simple question de respect d'autrui, une notion centrale pour moi commme elle l'est pour
toi.


Puisse cette seconde quinzaine d'août t'apporter bien de joies.


Je t'embrasse.



Danièle 20/07/2013 12:53


Voilà un billet plein de bonnes nouvelles, la première étant que votre silence de ses dernières semaines n'était pas entaché d'ombre.


Je suis ravie d'apprendre que, loin de mettre votre blog en sommeil, vous souhaitiez lui faire retrouver des chemins buissonniers. "On dit que le temps change les choses mais en fait il ne fait
que passer et nous devons changer les choses nous mêmes" (Andy Warhol). Cette période estivale est, pour moi aussi, un nouveau départ et je souhaite que mes prochaines explorations soient toutes
aussi nourrissantes que les moments que je passe en votre compagnie.


Prenons donc le temps de faire éclore les idées heureuses car nous avons tous plus que jamais besoin de la présence de ces étincelles de lumière qui viennent de l'intérieur.


Bel été à vous.

Jean-Christophe Pucek 20/07/2013 16:04



J'ai songé, je vous l'avoue, Danièle, à mettre ce blog en sommeil pour une durée indéterminée avant de me rendre compte que cette solution facile à mettre en œuvre était, en fait, un cache-misère
pour ne pas voir ce qui ne me convenait pas dans la tournure qu'il prenait.


Aussi ai-je décidé de rester en ligne tout en prenant le temps du recul et de la réflexion nécessaires pour repartir du bon pied. Depuis la publication de ce billet, les choses ont continué à se
décanter; les brumes se dissipent avec la bienveillance du soleil d'été (il faut bien que je lui trouve quelque vertu).


Je vous souhaite le meilleur pour le nouveau départ que vous prenez et qui vous conduira, je l'espère, vers d'heureux chemins dont quelques-uns, espérons-le, passeront par ici.


Bel été à vous et à bientôt.



Cristophe 15/07/2013 21:33


Il y a un art qui a toujours été oublié ici : l'art culinaire !


Ceci dit, je me contenterai des autres arts.

Jean-Christophe Pucek 20/07/2013 15:40



Et pourtant, Dieu sait que la bonne chère m'est chère, mon cher


Merci pour ce mot et à bientôt.



Marie 15/07/2013 16:46


Il suffit d'ouvrir les yeux et le cœur pour mesurer l'audience de Passée des Arts. Tu parles déséquilibre par rapport au but que tu t'es fixé depuis bien plus de quatre ans, un certain
Jardin en témoigne. Je ne partage pas tout à fait, le lecteur n'est pas le rédacteur, il prend ce qui est offert avec tant de grâce et de ferveur. Une cascade de boucles grises qui ne
sont pas perruque, un beau choix.

Jean-Christophe Pucek 20/07/2013 15:45



Je ne sais pas si mes lecteurs ont ou non ressenti le déséquilibre dont je parle avec autant d'acuité que moi, bien chère Marie, mais je ne pouvais pas continuer à laisser aller le blog dans une
direction que je ne cautionnais pas complètement. Nous verrons bien, d'ici quelques mois, les résultats de cette évolution et si elle a porté le fruit attendu.


Un grand merci pour ta fidèle présence.



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  • : Un parcours à travers les expressions artistiques, du Moyen-Âge à la première moitié du XXe siècle.
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