Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
16 décembre 2010 4 16 /12 /décembre /2010 18:04

 

freres limbourg saint paul chretien tente

Herman, Paul et Jean de Limbourg
(actifs en France entre 1399 et 1416),
Saint Paul voit un chrétien tenté
, c.1405-1408/09.

Encre, tempera et feuille d’or sur parchemin,
23,8 x 16,8 cm, Belles Heures du Duc de Berry,
New-York, Metropolitan Museum.

 

Le Manuscrit 564 de la Bibliothèque du Musée Condé, plus connu sous le nom de Codex Chantilly, a déjà suscité nombre d’explorations, plus (Ferrara Ensemble, Tetraktys) ou moins (Organum) réussies, de la part des musiciens médiévistes. C’est aujourd’hui au tour de l’ensemble de voix de femmes De Cælis, auquel on doit également une belle version de la Messe de Tournai (Ricercar), de se confronter aux musiques complexes préservées dans ce recueil et de nous en offrir un choix dans le cadre d’une anthologie intitulée En l’amoureux vergier que vient de publier Æon.

Que s’est-il passé en France entre le milieu du XIVe siècle et le tout début du XVe, période dans laquelle s’inscrivent les musiques conservées dans le Codex Chantilly ? Comme je l’écrivais récemment dans un billet consacré à la Messe Notre-Dame de Guillaume de Machaut (c.1300-1377), nous avons quelquefois du mal à imaginer les bouleversements intervenus, autour de 1320, dans la façon de penser la musique qui parut trancher si radicalement avec le passé que ses théoriciens la nommèrent Ars nova – l’idée de nouveauté ayant, au Moyen Âge, une toute autre portée qu’aujourd’hui – et qui émut même le pape en personne. Les musiciens des générations suivant celle de Philippe de Vitry (1291-1361) ou de Machaut, pour ne citer que deux des représentants les plus célèbres de l’Ars nova, se servirent des innovations de leurs prédécesseurs pour élaborer, à partir des années 1360-70 environ, des musiques de plus en plus complexes et recherchées, frôlant parfois, à l’image des chantournements ostentatoires qui gagnaient, au même moment, l’art de Cour, la préciosité ; cette manière, qui perdurera jusqu’au début des années 1400, a été nommée Ars subtilior par la musicologie moderne, un terme sujet à caution mais qui permet de fixer les idées. baude cordier belle bonne sageC’est ce répertoire qu’immortalisent en large partie les 13 motets et 99 chansons transmis par le Codex Chantilly, reflets des expérimentations audacieuses de compositeurs dont un tiers des noms est parvenu jusqu’à nous, sans qu’il soit toujours possible de déterminer qui se cache derrière des identités aussi mystérieuses que Trebor, Solage ou Grimace. Les musiques, copiées par un scribe sur des portées à six lignes qui trahissent son origine italienne, se révèlent un fascinant mélange entre Nord et Sud, des influences picardes côtoyant un langage qui atteste la fréquentation, entre autres, des Cours d’Aragon ou d’Avignon par les compositeurs. Les capacités d’invention dont ces derniers font preuve semblent ne pas connaître de limites et ils utilisent tout l’arsenal rhétorique à leur disposition, imitations, onomatopées, syncopes, fluctuations rythmiques imprévues, excentricités harmoniques, en le pimentant souvent par une volonté un rien ironique de déjouer les attentes de l’auditeur comme de l’interprète, pour atteindre le plus d’expressivité possible.

 

Pour servir ce répertoire complexe, les interprètes doivent réunir un certain nombre de qualités, comme la clarté de la diction, la discipline et la souplesse vocales, mais aussi la sensibilité, toutes nécessaires pour rendre compte avec exactitude de la complexité de la musique sans qu’elle se résume, pour autant, à un exercice spéculatif aride, travers dans lequel était malheureusement tombé Organum. L’ensemble De Cælis (photo ci-dessous), dirigé par Laurence Brisset, me semble avoir trouvé un très bel équilibre entre rigueur et sensualité, et sa lecture des seize pièces qui composent En l’amoureux vergier se signale tant par son raffinement que par sa vitalité. La mise en place ainsi que la conduite des voix, à l’intonation d’une parfaite justesse, ont été soigneusement réglées, ce qui permet aux chanteuses de surmonter sans effort apparent les pièges tendus par des partitions aussi difficiles que Fumeux fume de Solage, aux chromatismes sans cesse mouvants. de caelisCette assise très ferme les autorise également à laisser se déployer, avec autant d’efficacité que de liberté, des couleurs vocales extrêmement séduisantes. L’impression de forte cohérence qui se dégage de cet enregistrement me paraît signer un véritable travail d’équipe, aux choix parfaitement assumés, comme, par exemple, celui de privilégier la voix en limitant au strict nécessaire la place donnée aux instruments, une option assez peu souvent adoptée aujourd’hui et qui est ici magnifiquement défendue. Fluide, lumineuse, ne négligeant ni le sourire, comme le prouvent les imitations savoureusement rendues de Par maintes foys de Vaillant, ni le théâtre, comme dans A l’arme de Grimace, l’interprétation de De Cælis réserve également des moments débordants de sensibilité, doucement mélancolique dans Va t’en, mon cuer, aveuc mes yeux de Gacian Reyneau, ou nimbée de poésie, dans une vision épurée et frémissante de La harpe de mellodie de Senleches. Gracieuse sans être éthérée, calculée mais sans excès d’affèterie, l’interprétation de De Cælis est une réussite qui rend compte avec beaucoup de justesse de la subtilité des pièces du Codex Chantilly.

En l’amoureux vergier est donc une très belle réalisation, que je conseille à qui souhaite se familiariser avec l’Ars subtilior dans d’excellentes conditions. Il confirme la qualité du travail de l’ensemble De Cælis et l’on espère retrouver rapidement ces chanteuses dans le répertoire médiéval que leur sensualité et leur discipline servent à merveille et où il reste encore tant de découvertes à effectuer.

 

en l amoureux vergier codex chantilly de caelisEn l’amoureux vergier, polyphonies du Codex Chantilly.

 

De Cælis
Angélique Mauillon, harpe, Guillermo Pérez, organetto
Laurence Brisset, chant & direction

 

1 CD [durée totale : 64’21”] Æon ÆCD 1099. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

 

Extraits proposés :

1. Vaillant, Par maintes foys, virelai (fol. 60)

2. Solage, Fumeux fume par fumee, rondeau (fol. 29)

3. Senleches, La harpe de mellodie, virelai (fol. 43v.)

 

Illustrations complémentaires :

Baude Cordier, Belle, bonne, sage, Manuscrit 564, fol. 11v., Chantilly, Musée Condé.

La photographie de l’ensemble De Cælis est de Thierry Demarquest, tirée du site Internet de De Cælis.

Partager cet article

Repost 0
Published by Jean-Christophe Pucek - dans Gemmes
commenter cet article

commentaires

Zacharie 30/01/2011 15:00



Je ne peux m’empêcher de sourire quand tu dis que « certains répertoires sont d'emblée plus abordables (classique et romantique, principalement) ». Ce sont justement ces époques dans
lesquelles je suis le moins à l’aise, que ce soit en musique ou en littérature. Et plus le temps passe, moins je trouve naturel le lyrisme et ce qui en dérive. Il m’arrive d’aller jusqu’à dire
que l’humeur de l’artiste ne peut revêtir aucun intérêt si ce n’est pour lui-même. Il est cependant vrai qu’un artiste qui creuse sa matière évite les errements superficiels du lyrisme. J’écoute
volontiers Frédéric Chopin sous les doigts d’Alexandre Tharaud ou de Philippe Giusiano et m’en laisse émouvoir. Il n’en reste pas moins que la primauté donnée à l’émotion me semble une voie qui
s’écarte de l’art qui, à mon sens, vaut pour ouvrir des portes qui seraient sans cela restées fermées. « Touché » dit-on : il y a là quelque chose de physique (j’ai parlé de
résonance), même si le mot sert couramment aux sentiments.



Je m’attendais à la réponse : je préfère Klimt à Schiele. J’aurais répondu que j’aime l’art décoratif de Klimt mais que je lui préfère celui démesuré de Schiele qui me semble approcher
jusqu’au malaise la condition humaine. Tu réponds ailleurs, Hammershoi, dont j’aime particulièrement les bâtiments en passionné de maisons que je suis. Je pense en effet que, pour entrer dans un
monde qui appartient à autrui, il faut un « déclic », un écho pour continuer dans mon registre. Et s’il faut être ouvert à l’écho, être prêt à le recevoir, on ne peut pas pour autant
forcer les choses. L’important me semble, ici comme ailleurs, de rester ouvert.



L’écriture est pour moi une façon d’approcher la justesse. Un mot qui sonne mal dans une phrase, c’est une pensée faussée qu’on laisse passer pour juste. Corriger, polir, effacer, déplacer – on a
alors quelque chance de dire quelque chose qui nous éclaire nous-mêmes et qui donc pourra peut-être aussi éclairer le lecteur. Ecrire sur la musique, j’ai déjà essayé, je trouve difficile de
passer du son à la parole. Et mon temps de loisir passe ailleurs... Les seuls destinataires de mes phrases sculptées restent dans les courriers que j’envoie à mes proches. Je crois ne pas arriver
à écrire si je ne reçois pas d’écho. Preuve ici même : je réponds parce que tu commentes !




p { margin-bottom: 0.21cm; }


p { margin-bottom: 0.21cm; }


p { margin-bottom: 0.21cm; }


Zacharie 29/01/2011 12:30



Je dirais en une formule que la résonance en soi transforme le son en musique. Il y a ces sortes de grâces qui sont autant d’ouvertures à ce qui
restait insignifiant. Il n’y a pas si longtemps que je suis entré dans les pièces de Jonathan Harvey qui me reste encore assez souvent opaque mais dont je sens la cohérence intérieure.


L’adéquation entre une atmosphère et une musique me semble aussi promoridale. Elle tient d’une part aux chanteurs et à leur chef et d’autre part aux
techniciens. Je me désole toujours d’un enregistrement qui va contre l’atmosphère, ce qui est arrivé il y a peu à Alexandre Tharaud, comme si l’ingénieur du son
luttait contre ce qu’il doit enregistrer.


Vox nostra resonet est un disque qui me reste un peu étranger mais sans
doute n’ai-je pas assez insisté pour y entrer. Je suis en tout cas frappé par les quelques dissonances toutes modernes, sans doute une clé à ces pièces. Je perçois réellement dans l’Amoureux
Vergier une atmosphère mais elle s’éparpille peu après que je l’ai saisie. Cette impression s’atténue peu à peu, ce qui est bon signe ! J’écoute en écrivant ces lignes l’ensemble vocal Zorgina, féminin
lui aussi comme De Cælis, dans le disque Triplicité chez Raumklang (2000), j’en viens à rêver un De Cælis où il y aurait toujours un peu plus du son franc de Zorgina, mais
j’ytrouve le défaut inverse : il y a des moments qui frisent la stridence, presque un comble
pour un chant a cappella à trois voix !


La musique contemporaine est vaste ! Il n’y a pas grand chose de commun entre Yannis Xenakis et Tristan Murail ou Hugues Dufourt dont il a été
question plus haut, deux compositeurs que je tiens en grande estime. J’ajouterai un autre nom, Thierry Pécou, très personnel mais toujours hédoniste. Ai-je une oreille plus évoluée que la tienne
– j’ai eu la grâce d’entrer dans tel ou tel monde musical, sans doute n’entend-on plus de la même manière une fois qu’on y est entré. Mais justement, la résonance, ici personnelle, l’adéquation
et le temps qu’on prend permettent d’entendre un morceau tel qu’en soi-même et non tel qu’en nos réminiscences.


Maintenant que j’ai parlé de Castillon, il va falloir que je m’y mette ! Comme tu l’auras sans doute deviné, je me vois mal parler de ce que je
n’ai pas eu le loisir d’écouter et de réécouter.


« Je pourrais étendre ce constat à l'œil ». J’ai bien envie de te poser une question : comment réagis-tu aux tableaux de Gustav Klimt
d’une part et d’Egon Schiele d’autre part ?


C’est de toute manière un plasir de donner une nouvelle apostille à mes remarques initiales.




p { margin-bottom: 0.21cm; }


p { margin-bottom: 0.21cm; }


p { margin-bottom: 0.21cm; }


p { margin-bottom: 0.21cm; }


p { margin-bottom: 0.21cm; }


Jean-Christophe Pucek 30/01/2011 08:52



Je pense que nous partageons le même point de vue pour ce qui concerne la question des prises de son dont le déséquilibre peut complètement ruiner le propos des artistes - j'en ai fait récemment
l'expérience avec une version réussie, dans l'esprit, des Cantigas de amigo de Martin Codax, mais cruellement mise à mal par une ambiance sonore impossible (à la fois trop mate et trop
réverbérée).


Pour ce qui est de la musique contemporaine, je demeure persuadé que tant qu'un déclic ne s'est pas produit, on reste sur le seuil en s'épuisant éventuellement à tenter d'y entrer sans jamais y
parvenir - c'est d'ailleurs, à mon sens, un de ses points communs avec la musique ancienne - tandis que certains répertoires sont d'emblée plus abordables (classique et romantique,
principalement). En matière de peinture, Klimt et Schiele m'intéressent, bien sûr, mais n'éveillent pas en moi d'émotion particulière, alors que je suis très touché par Hammershoi, par exemple.
Mystère des affinités électives, probablement.


Un point que nous avons en commun est celui de ne pouvoir parler de quelque chose qu'après un processus de maturation où l'on écoute et réécoute. Je suis incapable d'écrire la moindre ligne sans
ce travail de "méditation". D'ailleurs, n'as-tu jamais toi-même songé à écrire ?



Zacharie 27/01/2011 22:46



Mais l'accueil sur ces terres est réussi - tout d'abord par la maquette et surtout le fond ivoire qui évite le blanc éblouissant.


Je crois en effet que nous n'entendons pas exactement la même chose. La même musique assurément, mais pas la même résonance. C'est à escient que je ne parle pas de sensualité. Organum, c'est
presque toujours une mise à distance, mais elle va pour moi dans le sens d'une résonance profonde. Pour citer des enregistrements vocaux qui sont plus immédiats et plus proches, que me vient-il à
l'esprit ? Le Narciso speculando de Mala Punica, la plupart des disques de Paul van Nevel, la Missa Purificationis de Jan Dismas Zelenka par l'Ensemble Inégal. J'arrête ma liste
de toute manière lacunaire. Je crois qu'il y a à chaque fois une certaine prise de son, un aspect auquel je suis fort sensible. La résonance dont je parle demande le temps, celui de prendre place
dans une atmosphère. Les choses vont ensuite d'elles-mêmes, je reçois la musique dans ce qu'elle a de familier et de lointain : la musique comme découverte de nouvelles terres ou de nouveaux
aspects d'une terre connue, résonance plus que sensualité.


Ce qui explique sans doute ma très grande proximité avec la musique contemporaine où je trouve de multiples résonances, souvenirs (zakhor, souviens-toi).


Je vais provisoirement suspendre ce qui prend un tour de portrait musical. Je ne doute pas que ce soit un plaisir pour moi de faire quelques commentaires, j'ai lu sur Castillon de quoi aiguiser
ma plume.


Un compliment pour finir. J'aime lire des textes écrits, justement ce qu'on trouve ici sous ta plume - je crois que la distance est déjà assez importante qu'on puisse souhaiter l'atténuer par un
tu moins cérémonieux qu'un vous.


Avec toutes mes cordiales pensées, Z.



Jean-Christophe Pucek 28/01/2011 14:27



C'est étrange, mais je ne ressens pas forcément ce processus de mise à distance dans la majorité des enregistrements d'Organum dont le côté d'aventure hiératique (je pense, entre autres, à la
série consacrée au Chants de l'Eglise de Rome ou au disque de Chant cistercien) est toujours contrebalancé, du moins à mes oreilles, par une grande plasticité des lignes de chant. Je ne vais
certainement pas prétendre que les questions de prise de son revêtent un caractère négligeable, d'autant que les répertoires anciens ont été généralement conçus pour des acoustiques bien précises
- c'est ce que démontre Paul van Nevel de façon particulièrement convaincante - cette fameuse résonance que tu évoques et que je comprends comme cette adéquation entre une atmosphère et une
musique données (Vox nostra resonet).


C'est amusant, mais l'appréciation que tu portes sur le disque Codex Chantilly d'Organum est la même qu'un de mes amis qui, comme toi, aime la musique contemporaine, une forme
d'expression que, pour ma part, je m'avoue incapable de comprendre et donc d'apprécier, en dépit des efforts que j'ai pu faire en ce sens. Sans doute lui et toi avez-vous l'oreille plus évoluée
que la mienne - je pourrais étendre ce constat à l'oeil, puisque l'art contemporain et moi font également deux.


Je suis bien heureux que tu te soies attardé sur le billet consacré à Castillon qui n'a pas eu tout l'écho que j'aurais souhaité s'agissant d'une entreprise et d'un disque courageux et, à mon
sens, aboutis. Pour finir sur un sourire, je suis d'accord sur le fait qu'il ne soit pas opportun de surenchérir en distance et je t'ai emboîté le pas quant au tutoiement avec joie.


Au plaisir de te lire à nouveau et bien cordialement.



Zacharie 26/01/2011 22:23



Tous mes remerciements d'avoir rendu mes quelques phrases apparentes !



Jean-Christophe Pucek 27/01/2011 09:29



C'est la moindre des choses, Zacharie. Je réponds à votre commentaire dans la matinée.



Zacharie 26/01/2011 16:55



Voilà un disque dans lequel j’ai du mal à entrer. La prise de son me semble aplatir le chant au lieu de le déployer – comme par exemple dans les disques de Stile Antico dont j’écoute le
Cantique des Cantiques (Song of Songs). Il faut de la bienveillance, un véritable acte d’écoute qui vienne cueillir les sons pour leur faire retrouver l’espace, jamais le chant
ne s’impose à mon oreille, plutôt n’entre naturellement dans mon oreille. Les beautés de De Cælis restent presque cachées. Dans un répertoire voisin puisque je ne connais pas le récent Ferrara,
Mala punica (Ars subtilis ytalica) ou Capilla Flamenca (Zodiac où on trouve aussi des pièces de Solage) me paraîtraient plus indiquées.
Ceci dit, l’exercice d’attention soutenue, pour exigeant qu’il soit, est aussi une expérience intéressante !
J’ajouterai que j’aime bien la scansion d’Organum. L’impression est toute différente, je ne trouve pas qu’elle soit sans séduction, une séduction que je dirais hiératique et distante.
J’ai découvert la Passée des Arts en recherchant un commentaire sur ce disque. Il est peut-être un peu hasardeux d’envoyer un premier commentaire un peu réticent mais je ne l’enverrais
pas si ne n’appréciais pas ce que j’ai pu lire par ailleurs.



Jean-Christophe Pucek 27/01/2011 19:55



Bonsoir Zacharie et, avec un peu de retard dont je vous prie de bien vouloir m'excuser, bienvenue sur ces terres.


Je comprends les réserves que vous pouvez formuler sur cet enregistrement de De Caelis, mais, reprenez-moi si je vous ai mal lu, il s'agit surtout d'une question de prise de son ? Je n'ai, pour
ma part, pas entendu exactement la même chose que vous, car j'ai trouvé cette dernière plutôt naturelle et crédible, dans une optique de "chambre" plutôt intime. J'aime beaucoup les
enregistrements de la Capilla Flamenca comme du Ferrara Ensemble, le Corps feminin de ce dernier est d'ailleurs une vraie réussite, en dépit de l'étalement des prises (2000, 2008, 2009)
qui aurait pu faire craindre des baisses de tension dans le récital. Concernant Mala Punica, je suis toujours dubitatif face à leurs projets (ce qui ne m'empêche pas d'avoir collectionné leurs
disques) que je trouve souvent un peu trop chantournés, même si, in fine, je finis par me laisser séduire par l'ivresse sonore qui s'en dégage. Je ne retranche rien, en revanche, de mon
appréciation sur le travail d'Organum (toute révérence faite à un ensemble que j'apprécie infiniment) sur ce répertoire de l'ars subtilior : Marcel Pérès me semble avoir privilégié
uniquement la dimension cérébrale de ces pièces et laissé de côté leur dimension émotionnelle. Or, ne nous leurrons pas, elles étaient aussi là pour toucher un auditoire qui, aussi raffiné qu'il
pût être, appréciait sans doute aussi d'être séduit par ce qu'il écoutait. C'est cette dimension sensuelle qui me semble faire cruellement défaut à la lecture d'Organum, qui n'est, pour autant,
pas exempte de qualités, bien au contraire.


Vous avez tout à fait bien fait de poster ce commentaire même s'il apporte plus de réserves que ceux qui l'ont précédé : toutes les voix sont les bienvenues ici, où les échanges se déroulent dans
le respect des opinions de chacun. J'espère avoir le plaisir de vous y retrouver, particulièrement à l'occasion des billets visant à présenter la musique médiévale - un domaine que vous me
semblez bien connaître - que je proposerai bientôt à mes lecteurs.


Cordialement.



Présentation

  • : Passée des arts
  • Passée des arts
  • : Un parcours à travers les expressions artistiques, du Moyen-Âge à la première moitié du XXe siècle.
  • Contact

Recherche