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3 août 2012 5 03 /08 /août /2012 17:56

 

horace vernet depart de la course de chevaux libres

Horace Vernet (Paris, 1789-1863),
Le Départ de la course de chevaux libres
, c.1820

Huile sur toile, 46 x 54 cm, New-York, Metropolitan Museum
(Collection Catharine Lorillard Wolfe)

 

centre musique romantique francaise palazzetto bru zaneLes disques organisés autour d’un parcours thématique ne sont plus si fréquents aujourd’hui qu’ils le furent jadis, lorsque l’on pouvait proposer au public ce genre d’exploration sans craindre que le soupçon d’un pensum l’effraie aussitôt. L’idée du Paris des Romantiques qui nous arrive aujourd’hui grâce au Palazzetto Bru Zane, inspirateur et soutien de ce projet, est excellente à plus d’un titre. Cette réalisation nous permet, en effet, d’entendre un programme où se côtoient des pièces dont la notoriété inégale va du très célèbre à l’inédit, et de retrouver de jeunes artistes dont la renommée ne cesse de grandir, le pianiste Bertrand Chamayou, le violoniste Julien Chauvin et le chef Jérémie Rhorer, à la tête de son orchestre, Le Cercle de l’Harmonie.

 

S’il est sans doute parfaitement superflu de présenter deux des trois compositeurs présents dans ce récital que la postérité a largement couronnés, Hector Berlioz (1803-1869) et Franz Liszt (1811-1886), il y a fort à parier que le nom de Napoléon-Henri Reber n’évoquera pas même un vague souvenir pour nombre d’entre vous. Ce fils d’industriels, né à Mulhouse le 21 octobre 1807, renonça à une carrière d’ingénieur pour se consacrer à la musique. Entré au Conservatoire de Paris en 1828 après avoir étudié la flûte, le piano et les rudiments de la composition en autodidacte, il y suivit les cours d’harmonie et de contrepoint de deux répétiteurs d’Anton Reicha (1770-1836), Seuriot et Jelensperger, et ceux de Jean-François Le Sueur (1760-1837) pour la composition ; les choses ne se passèrent pas idéalement, puisque Reber fut exclu de la liste des élèves de contrepoint et de fugue en 1830, puis de la classe de composition en 1832, année qui le vit quitter le Conservatoire. Ce parcours chaotique ne l’empêchera d’ailleurs pas d’y devenir professeur d’harmonie (1851), de composition (1862), puis d’y exercer des fonctions d’inspection à partir de 1871. Membre de l’Institut en 1853, auteur d’ouvrages lyriques qui eurent un certain succès, henri reberc’est néanmoins dans les genres chambristes qu’il donna le meilleur de lui-même, qu’il s’agisse de la mélodie (il en laisse 56, composées à partir de 1842) ou de la musique instrumentale, qu’il illustra entre autres avec un Quintette avec piano, sept Trios et trois Quatuors loués par Berlioz et Chopin, autant de partitions demeurant aujourd’hui, sauf erreur, inédites. Il fut aussi un théoricien, auteur d’un Traité d’harmonie publié en 1862 et augmenté, en 1889, de Notes et études d’harmonie par Théodore Dubois, ouvrage qui sera longtemps regardé comme un classique du genre. Camille Saint-Saëns nous a livré, dans Harmonie et mélodie (Paris, Calmann-Lévy, 1885), quelques impressions qui nous permettent de nous faire une idée de l’homme discret que fut Reber, mort à Paris le 24 novembre 1880 : « Bien qu’il n’y eût jamais la  moindre affectation dans sa conversation ni dans sa personne, son esprit volontiers tourné vers le passé, l’urbanité exquise de ses manières évoquaient l’idée des temps disparus ; ses cheveux blancs semblaient poudrés, sa redingote prenait des airs d’habit à la française ; il semblait que oublié par le XVIIIe siècle dans le XIXe, il s’y promenât en flânant comme aurait pu le faire un contemporain de Mozart, étonné et quelque peu choqué de notre musique et de nos mœurs. Reber n’a jamais compris qu’un artiste cherchât dans son art un autre but que cet art lui-même ; il ne savait pas jouer des coudes pour arriver aux premières places ; comme l’hermine de la fable, il restait prudemment sur la rive, si le fleuve à traverser ne lui paraissait pas être d’une limpidité parfaite. On le voit, il n’était guère de son temps, ni d’aucun temps. » (pp. 283-284)

Reber laisse également quatre symphonies, dont la dernière, en sol majeur, est proposée dans ce Paris des Romantiques. Tout comme Berlioz, Saint-Saëns pensait le plus grand bien de cette partie de la production de son contemporain, négligée hier comme aujourd’hui ; voici ce qu’il en écrit, toujours dans Harmonie et mélodie : « Bien que peu connues du public, ses quatre symphonies méritent une mention toute spéciale. (…) On songeait peu alors à écrire des symphonies, et l’on peut dire sans exagération que Reber est le premier compositeur français qui ait complètement réussi dans ce genre si difficile ; d’autres y avaient montré du talent, il y a montré de l’originalité. Il a su se dégager de l’imitation de ses maîtres préférés, Mozart et Beethoven, et rallier, par un tour hardi, leur style à celui de nos vieux maîtres français, alors tombés dans un oubli profond autant qu’injuste. Maintenant que (…) nos vieux maîtres sont rendus à la lumière, on peut facilement voir avec quel goût et quel à-propos Reber a puisé à ces sources pour en jaillir un style nouveau, essentiellement français, dont la grâce et la concision forment les traits principaux. » (pp. 287-289) À l’écoute de la Symphonie n°4, créée avec succès le 22 février 1857 mais composée vers la fin des années 1840 ou le début de la décennie suivante, il apparaît que les choses sont un peu moins simples que ne le laissent entendre ces lignes. En effet, si la netteté du trait et la maîtrise de l’architecture globale sont indubitablement héritées des grands modèles classiques, si la retenue dans l’expression de l’Andantino sostenuto et la danse endiablée et, avouons-le, un peu frivole du Finale sont autant d’éléments pouvant être regardés comme des traits français, il faut bien reconnaître que les deux premiers mouvements, jean-jacques champin paris vu de gentillyl’Allegro liminaire pour ses brefs accès de solennité qui tranchent sur son humeur plutôt joviale (on remarquera qu’il démarre de la même façon que la Villanelle qui ouvre Les Nuits d’été de Berlioz, dont la version orchestrale fut publiée en 1856), l’Andantino – sans doute le mouvement le plus réussi de l’œuvre – pour son sérieux, regardent vers les terres germaniques, celles de Mendelssohn et de Weber – on sait le succès que les œuvres orchestrales du second rencontraient en France –, impression encore renforcée par la présence de quatre cors qui confèrent à la partition des teintes parfois schumaniennes et font souffler sur elle un authentique souffle romantique. Celui-ci se retrouve décuplé, bien sûr, dans le Concerto pour piano n°1 de Liszt, dont la structure en un seul bloc constituée de quatre mouvements joués sans interruption découle directement du Konzertstück en fa mineur pour piano et orchestre de Weber (op. 79, achevé en 1821). Ce concerto plein d’emportement, d’ironie bravache, comme le montre, par exemple, l’utilisation du triangle dans son Allegretto vivace qui fit grincer les dents de certains critiques, et de bravoure, orchestré avec une science très sûre des contrastes et des couleurs dut sans nul doute enchanter Berlioz qui en assura la création avec le compositeur au piano en 1855, à Weimar. Du fantasque Hector, ce disque donne à entendre la Rêverie et Caprice pour violon et orchestre op. 8 de 1841, dont la mélodie est issue d’un air retranché de Benvenuto Cellini, la cavatine de Teresa « Ah, que l’amour une fois dans le cœur » ; si cette page raffinée est intéressante par sa nature même de transcription, son demi-caractère explique sans doute qu’elle demeure relativement confidentielle, aujourd’hui comme hier. Il n’en demeure pas moins que sa présence, parce qu’elle suggère l’opéra dont tout Paris était alors toqué, complète parfaitement ce panorama musical du milieu du XIXe siècle, où classicisme et romantisme s’interpénètrent, l’un tentant de contenir les débordements de l’autre qui l’embrase d’une flamme nouvelle appelée, à terme, à le consumer.

bertrand chamayouOn était curieux de découvrir le Cercle de l’Harmonie (photographie ci-dessous), que l’on entend principalement aujourd’hui dans les fosses d’opéra et dont les parutions symphoniques précédentes consacrées à Mozart et Beethoven n’ont pas été forcément convaincu, dans un répertoire plus tardif, comme de voir ce que Bertrand Chamayou (photographie ci-contre) pourrait tirer du vénérable piano Érard de 1837 choisi pour le Concerto de Liszt, ce jeune et excellent interprète nous ayant habitué jusqu’ici à jouer sur des claviers tout ce qu’il y a de plus moderne. L’expérience se solde par une très belle réussite qui aurait été totale sans une Rêverie et Caprice étrangement atone en dépit des solides qualités du violoniste Julien Chauvin, dont le travail au sein du Quatuor Cambini-Paris a été loué ici même, mais qui semble quelque peu tourner en rond dans une page qui n’inspire visiblement ni lui, ni l’orchestre, et souffre, en outre, d’une prise de son d’une propreté discutable, dont la trop grande proximité durcit les timbres des instruments. À l’exact opposé, la prestation de Bertrand Chamayou dans le Concerto est étincelante et offre, en s’appuyant sur des moyens techniques particulièrement affûtés, le mélange de force et de félinité que réclame cette partition. Le pianiste parvient à tirer le meilleur des capacités de son instrument, en le poussant certes parfois dans ses derniers retranchements, mais aussi en le faisant sonner avec une plénitude et une finesse qui dénotent une véritable volonté de compréhension et d’appropriation de ses spécificités, allant au-delà d’une mécanique de jeu moderne plaquée sur un clavier ancien. Les équilibres avec l’orchestre, que ce dernier tonne ou murmure, semblent ainsi toujours d’un naturel et d’un équilibre parfaits, et démontrent, sans qu’il soit pour autant question de faire table rase des témoignages majeurs de Krystian Zimerman, Sviatoslav Richter ou Martha Argerich, le cercle de l harmonie©Alix Laveaula validité de l’utilisation d’instruments historiques dans ces pages qui gagnent en sève nouvelle et en couleurs inouïes ce que d’aucuns pourraient estimer qu’ils perdent en puissance sonore. Dans cette page comme dans la 4e Symphonie de Reber, Le Cercle de l’Harmonie se montre sous son meilleur jour, pouvant passer de l’explosivité la plus tonitruante au chuchotement le plus ténu avec la même aisance, variant les nuances et les coloris avec un indiscutable brio et faisant preuve d’une cohésion et d’une discipline en tout point admirable, d’autant qu’il s’agit d’un enregistrement en public. Jérémie Rhorer mène ses troupes avec autant de fermeté que d’intelligence, aiguillonnant sans cesse leur enthousiasme par un sens inné de la relance où l’on sent pointer à chaque instant le chef lyrique qu’il est. Les œuvres y gagnent un relief et un souffle qui font de l’écoute de ce disque, qui aurait certainement pu accueillir au moins une œuvre supplémentaire, un moment de découverte et de redécouverte véritablement passionnant.

 

En dépit de la faiblesse signalée de la Rêverie et Caprice, je conseille à tout amateur de musique romantique française d’écouter ce Paris des Romantiques qui regorge de surprises savoureuses parfaitement mises en valeur grâce à l’investissement et à la qualité de ses interprètes. On espère maintenant, comme le laisse supposer l’entretien avec ces derniers reproduite dans le livret, que le Palazzetto Bru Zane leur offrira la possibilité de donner une suite à ce premier volet, et qu’outre le Concerto n°2 de Liszt qui semble devoir assez naturellement s’imposer, on y trouvera aussi au moins une autre des symphonies de Reber, qui méritent mieux que l’oubli, à en juger par cette résurrection.

 

paris des romantiques chamayou chauvin rhorer cercle harmonLe Paris des Romantiques : Napoléon-Henri Reber (1807-1880), Symphonie n°4 en sol majeur op. 33, Hector Berlioz (1803-1869), Rêverie et Caprice pour violon et orchestre op. 8*, Franz Liszt (1811-1886), Concerto pour piano et orchestre n°1 en mi bémol majeur, S. 124+

 

*Julien Chauvin, violon (Gian-Battista Gabrieli, 1757)
+
Bertrand Chamayou, piano (Érard, 1837)

Le Cercle de l’Harmonie
Jérémie Rhorer, direction

 

1 CD [durée totale : 55’38”] Ambroisie/Naïve AM 207. Ce disque peut être acheté en suivant ce lien.

 

Extraits proposés :

1. Napoléon-Henri Reber, Symphonie n°4 :
[I] Allegro

2. Franz Liszt, Concerto pour piano n°1 :
[II] Quasi adagio

 

Un extrait de chaque plage du disque peut être écouté ci-dessous grâce à Qobuz.com :

 

Illustrations complémentaires :

Anonyme, Napoléon-Henri Reber, 1853. Estampe, 16 x 13,5 cm, Paris, Bibliothèque nationale de France

Jean-Jacques Champin (Sceaux, 1796-Paris, 1860), Paris vu de Gentilly, sans date. Huile sur toile, 21 x 32,5 cm, Sceaux, Musée de l’Île-de-France (cliché de Pascal Lemaître, © collections du Musée de l’Île-de-France)

La photographie de Bertrand Chamayou est de Richard Dumas (pour Naïve) tirée du site de Solea Artist Management.

La photographie du Cercle de l’Harmonie, tirée de son site, est d’Alix Laveau.

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Gallicismes
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commentaires

DavidLeMarrec 09/08/2012 03:39


Bonsoir Jean-Christophe,


 


J'ai attendu d'avoir écouté pour commenter, aussi je réagis avec un peu de décalage.


 


Je vous rejoins, le Liszt est très intéressant, je crois que c'est la première fois qu'il est enregistré sur un piano aussi ancien (je n'ai pas vérifié, simple constat que je n'ai jamais vu
passer cela pour les concertos de Liszt), et la redistribution des équilibres sonores qui s'ensuit est très intéressante, tout sonne beaucoup moins grandiloquent. L'égalité de jeu de Chamayou est
assez impressionnante (parce que l'irrégularité de ces mécaniques est assez impitoyable lorsqu'on a en tête des exécutions sur des claviers "industriels modernes").


 


Sinon, très honnêtement, je crois qu'on peut indulgent sur la Rêverie-Caprice de Berlioz : pour l'avoir lue et jouée, la pièce appartient tout à fait au Berlioz inoffensif, l'autre
Berlioz qu'on ne joue jamais, et à bon droit. Je ne crois pas qu'il soit possible d'en faire grand'chose, même en la jouant avec une passion désespérée. Le péché est sans doute plus
dans la constitution du programme que dans l'exécution à proprement parler.


 


Quant à Reber, il représente un maillon manquant (au même titre que, récemment, Grétry et Catel pour la tragédie en musique finissante) dans la chaîne logique de l'évolution de la symphonie en
France. J'ai moi aussi été frappé par les parentés avec Berlioz (on entend aussi, au tout début, l'esquisse du thème de Cellini "Ô Teresa"), un certain nombre d'effets orchestraux et
d'enchaînements harmoniques s'en approchent. Et puis il y a comme vous le soulignez l'ascendance beethovenienne qui se fait entendre, celle de l'Héroïque, et aussi celle des héritiers (des traits
communs avec les symphonies de Méhul ou la Première de Czerny).


C'est tout un monde qui se ranime avec cette exhumation. Et avec d'autant plus de plaisir que la symphonie est vraiment réussie en elle-même.

Jean-Christophe Pucek 14/08/2012 16:52



Bonjour David,


A mon tour de réagir avec un décalage dont je vous prie de bien vouloir m'excuser.


De mémoire, les Concertos pour piano de Liszt n'ont jamais été, jusqu'ici, enregistrés sur instruments « anciens » et devant la réussite de ce Premier, j'espère fermement que
l'autre va suivre; je crois d'ailleurs qu'un certain nombre d'auditeurs va exprimer le même désir au lieu idoine. Pour ma part, cette version m'a redonné l'envie d'écouter une œuvre que j'avais
quelque peu remisée ces dernières années mais que je redécouvre aujourd'hui avec un réel plaisir, en dépit des aléas de la captation sonore.


Tout comme vous, je crois qu'il n'est guère possible de faire mieux avec ce Berlioz-ci que ce que Julien Chauvin en tire; pour tout vous avouer, après ma première écoute, j'ai songé au soliste en
me disant « le pauvre, quelle déveine d'avoir eu à se colleter avec cette pièce ». Je suis convaincu qu'il était possible de trouver des compléments de programme aussi méconnus et autrement plus
heureux.


Je partage complètement votre opinion à propos de la 4e Symphonie de Reber que je rapprocherai également de celle d'Onslow dont elle partage le numéro et la tonalité; sans parler de
parentés aussi nettes que celles que vous soulignez, il me semble y avoir un esprit commun entre les deux, en particulier dans leur manière d'envisager l'écriture orchestrale (ça tient peut-être
au fait que l'un et l'autre compositeur étaient des champions de la musique de chambre). Puissions-nous connaître rapidement les 3 manquantes pour renouer quelques fils supplémentaires de notre
connaissance !


Merci pour votre commentaire.



cyrille 04/08/2012 18:56


Je reviens mettre quelques lignes "chez toi", après avoir eu la chance de pouvoir écouter intégralement cette Symphonie N°4 de Reber (merci m'sieur ).


Oserais-je en parler ici, sans trop en dévoiler la saveur qu'offre cette oeuvre, ne souhaitant pas trop en dire aux autres tout en leur donnant tout de même l'eau à la bouche ?...


Bon, tant pis, je me lance.


L' andantino sostenuto est sans cesse en mouvement avec ses changements de cadences. Il nous donne à entendre de belles cantilènes de clarinette et de flûte. Et un final bouleversant de
cuivres.


Le scherzo:allegro est badin à souhait, avec toujours ses appels des cuivres cette fois-ci un tantinet brucknériens je trouve.


Quant au final:allegro, il est joyeux, vif, plein d'humour même ! Avec juste dans la partie médiane un léger rappel du premier mouvement (le fameux passage que je trouve mozartien).


Oui, vraiment, y a pas à dire, une très belle surprise que cette Symphonie de Reber. Il FAUT que soient enregistrées les trois
autres !

Jean-Christophe Pucek 06/08/2012 08:44



Je suis très heureux que tu aies pris le temps d'écouter intégralement cette Quatrième Symphonie de Reber, mon ami, et encore plus qu'elle t'ait plu. Je ne dirai rien de plus que ce que
tu as écrit sur les différents mouvements (sinon que je trouve parfois au Finale des parfums de cabaret, surtout vers la fin), laissant à qui le souhaite le soin d'aller vérifier la très belle
qualité de cette partition avec ses propres oreilles.


Pour ce qui est des trois autres symphonies, je pense que si le Palazzetto Bru Zane a connaissance du bon accueil de ce disque, il se décidera peut-être à leur offrir la chance d'être
enregistrées. Aux lecteurs de Passée des arts de faire remonter l'information


Merci pour ce nouveau commentaire et belle journée à toi.



Marie-Reine 04/08/2012 18:00


Encore un de ces compositeurs au prénom improbable qu’on aime à découvrir chez vous, cher Jean-Christophe :o) vous avez bien fait de lui consacrer la quasi totalité de la partie “histoire” de
votre billet. J’ai lu avec beaucoup d’intérêt, stimulée par les extraits que vous en donnez, le chapitre que Saint-Saëns consacre à Reber dans Harmonie et mélodie, après lui avoir succédé à l’Académie. J’ai vu aussi, moi qui pratique volontiers ce genre, qu’il avait transcrit ses Symphonies pour piano à quatre mains ;o)


Le programme du Cercle de l’Harmonie pour ce concert enregistré à l’Arsenal de Metz en octobre dernier (auquel je n’ai pu assister, hélas), commençait par l’Ouverture du Colporteur
d’Onslow. Mais on ne la retrouve pas sur le disque.


La Quatrième Symphonie de Reber, en tous cas, mérite bien d’être enregistrée, avec son second mouvement aux beaux bois chantants et aux dramatiques sonneries de cuivre. On espère avec vous
découvrir bientôt au disque quelqu’autre de ses symphonies.


J’ai beaucoup moins goûté la Romance-Rêverie et Caprice qui n’est vraiment pas le Berlioz que je préfère. Je vous laisse lire sa Note liminaire très, comment dire… vous verrez :o)


http://imslp.org/wiki/Special:ImagefromIndex/58505


Il est vrai, comme vous le soulignez aussi, que la prise de son ne sert pas la pièce ni même l’ensemble du disque : un enregistrement en public appelle une balance autrement plus soignée. Je
pense notamment au fameux triangle dans le Concerto, qui y laisse toute sa rythmique et son mordant.


Ce Concerto de Liszt est une très belle surprise, c’est la première fois que je l’entends sur un piano d’époque. Que l’abondamment “victoirisé” Chamayou fasse ce type de démarche me réjouit
vraiment, d’autant qu’il y excelle. Trop tard pour les “Années de pèlerinage” :o)


Grand merci donc pour cet épatant billet découverte-redécouverte. Je laisse ici le lien vers Harmonie et mélodie pour vos lecteurs curieux du style
délicieusement suranné d’un Saint-Saëns qui rend grâce à Reber de n’être pas un de ces Romantiques qui “se désole au bord des lacs” et qui “agite au milieu des rochers une crinière
désespérée.”


http://archive.org/stream/harmonieetmlod00sain#page/282/mode/2up


 

Jean-Christophe Pucek 06/08/2012 09:15



Ce prénom est, en lui-même, toute une histoire, chère Marie-Reine, celle d'une nation qui s'identifiait tellement à son « Grand homme » qu'elle donnait son prénom à ses enfants. Singulier
parcours que celui de Reber, cancre au Conservatoire mais finissant par y enseigner, en grande partie étranger à son siècle mais en ayant quand même saisi l'humeur au point de la transcrire dans
ses œuvres; je vous avoue qu'après cette première incursion, j'aimerais bien en entendre plus, en particulier dans le domaine de la musique de chambre, puisqu'il semble que c'est celui dans
lequel il a donné le meilleur de lui-même.


Je partage vos réserves sur la prise de son, pourtant signée par un ingénieur très reconnu, mais qui aurait vraiment gagné à être plus soignée; j'espère que la remarque que j'ai faite à ce sujet
sera prise en compte pour la suite. Je vous remercie pour le lien vers le programme de la Rêverie et Caprice de Berlioz, qui est effectivement très... comme vous dites (il n'avait peur
de rien, Hector) J'ai réécouté cette pièce maintes fois par peur d'être injuste avec elle, mais même au bout de 15 fois,
je ne lui trouve honnêtement toujours pas beaucoup d'intérêt et je comprends que le compositeur n'ait pas persévéré dans un genre qui ne lui convenait visiblement pas.


Je ne sais pas si Bertrand Chamayou va persévérer dans son utilisation des pianos d'époque, même si je pense que s'il enregistre, comme il le souhaite visiblement, le Deuxième concerto
de Liszt, ce sera sur un tel instrument. Croisons les doigts


Je vous remercie sincèrement pour votre commentaire d'une grande richesse et je vous adresse de bien amicales pensées.



Marie 04/08/2012 17:07


C'est avec une grande joie que je constate la matérialisation de mes ressentis, sorte de re-connaissance soulignée par Cyrille et très précisément aux plages concernées. Décidément, comme j'ignore tout de Reber, un grand merci à toi cher Jean-Christophe de nous l'avoir présenté.

Jean-Christophe Pucek 04/08/2012 17:44



Je te rassure de suite, très chère Marie, il y a encore quelques semaines, Reber n'était pour moi qu'un nom croisé à l'occasion de mes recherches sur Onslow dont il occupa le fauteuil à
l'Institut après la mort de ce dernier. J'aime particulièrement ces billets où j'en apprends autant que mes lecteurs



Framboise 03/08/2012 22:05


  Il est toujours bien excitant de
découvrir un compositeur qu'on ignorait totalement ! Mais en l'occurrence c'est le pianiste qui m'a surprise et que je souhaite écouter plus longuement.


Il y a eu un Paris avant la Tour Eiffel mais qu' il semble petit petit dans le lointain ! D'ailleurs le sud de Paris, Gentilly et compagnie, n'est plus ce qu'il était non plus , même s'il reste
des trous de verdure, comme la Vallée aux Loups, chère à quelques coeurs romantiques, où on peut parfois y croire encore ...

Jean-Christophe Pucek 04/08/2012 07:57



Bertrand Chamayou est un très beau pianiste, Framboise, et je vous avoue que je ne m'attendais pas à l'entendre jouer un jour sur un instrument historique : ce disque m'a donc ravi et permis de
réapprendre à apprécier ce Concerto n°1 de Liszt que je n'avais pas écouté depuis des lustres et qui m'a semblé bien séduisant dans ses habits neufs. Même si elle vous a, a
priori, un peu moins séduite de prime abord, je me permets de vous conseiller l'écoute intégrale de la Symphonie n°4 de Reber qui est vraiment une très belle œuvre.


Le Paris des Romantiques est effectivement bien loin aujourd'hui. Je suis d'autant plus reconnaissant à ce disque de ressusciter un peu de son atmosphère évanouie, comme la toile de Champin dit,
à mon avis, le grignotage progressif d'une certaine quiétude campagnarde aux portes de la capitale par la modernité et ses cheminées d'usine fumantes.


Merci pour votre commentaire et belle journée à vous.



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