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15 mai 2009 5 15 /05 /mai /2009 16:52



Ferdinand HEILBUTH (Hambourg, 1826-Paris, 1889),
Rêverie, sans date.
Huile sur toile, Paris, Musée d'Orsay.

 

Connaissez-vous Gabriel Fauré ? Ma question est - volontairement - impertinente. Bien sûr que Fauré est un compositeur célèbre, il suffit d'ailleurs de voir le nombre d'enregistrements de son Requiem qui ont été et sont encore réalisés. Et puis, il y aussi l'Élégie, me direz-vous, autre page inoubliable. Ce sont un peu les deux arbres qui cachent une vaste forêt, où l'on trouve de vastes clairières de musique de chambre et de nombreux bosquets de mélodies.


Souvent considéré comme un compositeur de salon vaguement ennuyeux, la réputation de Fauré (peint, ci-contre, par John Singer Sargent vers 1889) a beaucoup souffert de son penchant revendiqué pour la pureté classique et de son aversion pour ce qu'il nommait lui-même « le gros effet ». On l'a ainsi tenu pour un musicien bien peu aventureux, comparé, par exemple, aux audacieux Wagner, Debussy ou Stravinsky, image que n'a guère arrangé la direction très ferme qu'il assura à la tête du Conservatoire de Paris à compter de 1905 et les nombreux honneurs dont il a été comblé. En fait, rien n'est moins exact que cette aura un peu poussive qui s'attache à Fauré, que son souci de clarté, de fluidité, n'empêcha jamais de produire une musique infiniment plus complexe et fuyante que ce qu'une approche superficielle peut laisser soupçonner.


Voici une de ses mélodies les plus connues, dans deux versions. L'une, originale, est pour voix et piano, l'autre est la transcription pour violoncelle et piano qu'en réalisa Pablo Casals. J'espère que vous vous laisserez gagner par son aspiration vers la lumière d'une affection partagée, quand bien même ne le serait-elle qu'à la faveur de la nuit qui emporte dans le plus doux des rêves. Fauré, qui savait bien, ayant été cruellement affecté par la rupture de ses fiançailles avec Marianne Viardot, ce qu'est un amour auquel on ne peut que rêver, a probablement mis une grande part de lui-même dans cette œuvre.



 

Gabriel FAURÉ (1845-1924), Après un rêve.

1. Mélodie pour voix et piano en ut mineur, opus 7 n°1 (1871).
Texte de Romain Bussine (1830-1899), « d'après une  poésie toscane ».


Véronique Gens, soprano.
Roger Vignoles, piano.

Nuit d'étoiles, mélodies françaises. 1CD Virgin 7243 545360 2 1.

 

2. Transcription pour violoncelle et piano, réalisée par Pablo Casals (1910).


Xavier Gagnepain, violoncelle Gand et Bernardel, 1878.
Jean-Michel Dayez, piano Sébastien et Pierre Érard, 1902.


L'œuvre pour violoncelle et piano. 1 CD Zig-Zag Territoires ZZT070602.


Dans un sommeil que charmait ton image
je rêvais le bonheur, ardent mirage,
tes yeux étaient plus doux, ta voix pure et sonore,
tu rayonnais comme un ciel éclairé par l'aurore ;


Tu m'appelais et je quittais la terre
pour m'enfuir avec toi vers la lumière,
les cieux pour nous entr'ouvraient leurs nues,
Splendeurs inconnues, lueurs divines entrevues.


Hélas ! Hélas, triste réveil des songes,
Je t'appelle, ô nuit, rends-moi tes mensonges ;
Reviens, reviens, radieuse,
Reviens, ô nuit mystérieuse !

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Published by Jean-Christophe Pucek - dans Gallicismes
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commentaires

Jean-Christophe 27/05/2009 18:37

Bonsoir Schlabaya et bienvenue en ces terres.Je suis heureux que cette musique de Fauré ait su vous charmer. Vous avez raison, une certaine forme de mélancolie y règne, celle qui s'installe souvent dans les âmes éprises.Bien cordialement à vous.PS : je suis allé brièvement visiter votre espace et il ne fait aucun doute que je vais aller vous lire avec attention.

Schlabaya 27/05/2009 13:15

Je la trouve belle, cette musique, et très mélancolique... Joli blog, sinon (je découvre).

Jean-Christophe 24/05/2009 11:43

Bonjour chère Hauteclaire et bienvenue ici.Je suis heureux que vous ayez trouvé sur ce nouvel espace, que je souhaite plus "ouvert" encore que le précédent, de quoi réjouir vos oreilles. Je ne peux qu'acquiescer à ce que vous dîtes sur Gabriel Fauré, dont la musique mériterait vraiment d'être plus diffusée, tant elle recèle de merveilles.Amitiés à vous.

hauteclaire 24/05/2009 00:26

Bonjour Jean-Christophe, je découvre (avec retard) votre nouvel espace, et ce billet sur Fauré, dont l'élégie et surtout son admirable Pelléas ne quittent pas mon coeur. Musicien trop peu entendu, c'est avec délices que je réentends cette pièce si prenante. Amitiés

Jean-Christophe 20/05/2009 10:13

Aurais-je donc la sincérité chatouillante ?

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